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contes et légendes
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claudine



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MessagePosté le: Sam 2 Mar - 13:42 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Revue du message précédent :

A Han-sur-Lesse, autrefois, il y avait un seigneur qui était violent et cruel. Le nombre de ses exactions ne se comptait plus, et il ne se contentait pas de pressurer ses paysans, il faisait pendre impitoyablement tous ceux qui s'opposaient à ses volontés, fussent-ils clercs, bourgeois ou simples braconniers pris en flagrant délit dans ses forêts. On le craignait dans toute l'Ardenne et, comme sa répitation avait largement dépassé les limites de ses terres, tous les étrangers qui passaient par là évitaient soigneusement de le rencontrer.




Un jour, il appela un de ses serviteurs et lui dit:
" Voici une lettre très importante. Il faut que tu la portes sans tarder à Liège et que tu me rapportes la réponse demain soir. Sois là avant la tombée de la nuit, sinon je ne réponds pas de ma colère, et tu sais que les châtiments que j'inflige à ceux qui me désobéissent sont terribles. De plus, s'il te prenait fantaisie de ne pas revenir, je saurais me venger, car ta femme et tes enfants sont chez moi. Penses-y et prends la route. Tu devrais être déjà parti.
Le malheureux serviteur y pensait bien, en effet, car le seigneur s'était bien gardé de lui confier un cheval pour aller apporter la lettre: il devait y aller à pied. Or, il y avait quelque vingt-cinq lieues entre Han et Liège, et le pauvre homme se voyait mal pouvoir faire l'aller et le retour en si peu de temps.
Il partit cependant, après s'être signé, et il se mit à courir sur le chemin, dans la direction de Liège, mais ne sachant pas dans quel état il arriverait là-bas.

Il était déjà dans la forêt quand il entendit un bruit derrière lui. Tout en continuant de courir, il se retourna et vit un char, tiré par quatre chevaux blancs et qui était conduit par un nain à la barbe pointue. Le char le rattrapa et s'arrêta juste devant lui.





Citation:
" Où cours-tu ainsi ? lui demanda le nain.- Je vais à Liège porter une lettre de mon maître, et je dois en rapporter la réponse avant demain soir.
-Monte dans mon char ! dit le nain."







Le serviteur monta dans le char et, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il se trouva dans Liège. Les chevaux blancs s'étaient mis à galoper d'une façon terrifiante et le char s'était envolé dans les airs pour ne s'arrêter qu'aux portes de la ville. Le serviteur alla aussitôt porter la lettre de son maître et on lui remit la réponse attendue. Il sortit dans la rue et retrouva le nain qui l'attendait.

Citation:
" Monte, lui dit le nain. Je te ramène dans ton pays."





Ce fut de nouveau une course folle et le serviteur se retrouva à l'entrée du château. Il alla tout de suite trouver le seigneur et lui tendit le message qu'on lui avait confié. Le seigneur commença par se mettre en colère, mais quand il eut lu la lettre et bien compris que c'était la réponse à ce qu'il avait envoyé, il en fut stupéfait.

Citation:
" C'est impossible ! s'écria-t-il. Comment fait pour aller et revebir aussi vite ? Réponds-moi et ne mens pas !- Seigneur, je vais te dire la vérité: j'ai été emmené à Liège par un char attelé de quatre chevaux blancs, et que conduisait un nain. Ce sont eux qui m'ont ramené ici de la même façon.
- Vraiment ! dit le seigneur, ce n'est pas croyable ! J'aimerais bien voir ce nain qui est capable d'une chose si merveilleuse.
- Justement, répondit le serviteur, il m'a dit qu'il viendrait te voir cette nuit-même avec son char, mais il a ajouté que ce serait avec quatre chevaux noirs.
- Eh bien ! nous l'attendrons. J'ai hâte de le voir. Mais, sais-tu comment il se nomme ?
- Oui seigneur, il m'a dit qu'il était le cocher de la mort."








En entendant cela, le seigneur tomba sur le sol comme si la foudre l'avait frappé. La nuit, le char, attelé de quatre chevaux noirs, s'arrêta devant la porte du château. Le nain en descendit. Il alla directement à la chambre du seigneur. Celui-ci venait à ce moment même de rendre le dernier soupir. Alors le nain prit son coprs, le plaça sur le char, et celui-ci disparut dans un grand tourbillon de vent.


  
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MessagePosté le: Sam 2 Mar - 13:42 (2013)    Sujet du message: Publicité

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jicel
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MessagePosté le: Sam 2 Mar - 20:28 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

 

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fleurdeschamps
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MessagePosté le: Sam 2 Mar - 21:30 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Razz   belle legende Claudine Okay  
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fleurdeschamps
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MessagePosté le: Dim 3 Mar - 06:56 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

le presbytère de Cideville en Normandie 
 
 
 
 
 
 
Vers la fin de 1850, des coups frappés se firent entendre, et meme en rythme lorsque de la musique était jouée, dans le presbytère de Cideville en Normandie.
Ce phénomène "musical" relativement classique se distinguait néanmoins par un impressionnant arsenal de phénomènes d'accompagnement:
pluie de pierres
outils se déplacant seuls
table en levitation
chaises s'agitant
couteaux volant dans les airs
pupitres s'ouvrant et se fermant
oreillers et couvertures arrachés des lits.
En appliquant un code spécifique, différents témoins obtinrent des reponses à leurs questions.
Le père Tinel, chez qui les étranges phénomènes étaient apparus, décida alors de coriger un certain Félix Thorel qui était pour lui l'incarnation du mal et qu'il tenait pour responsable des etranges manifestations.
Thorel porta plainte contre le prêtre et l'affaire fut portée devant le tribunal.
Les nombreux témoignages consignés dans les minutes du procès constituent de précieuses archives pour la science.
Quelque 34 témoins furent en effet entendus.
Que s'était-il passé ?
Un jour, alors qu'un fantôme s'était manifesté, un clou fut planté dans le sol à l'endroit de l'apparition.
Ce dernier devint aussitôt incandescent.
Le lendemain, Félix Thorel arborait une blessure au visage.
cela suffit au père Tinel pour conclure qu'il était à l'origine des événements.
Bien entendu, le procès n'a pas réussi à élucider le mystère....
 

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crisilie
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MessagePosté le: Dim 3 Mar - 22:46 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

 

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fleurdeschamps
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MessagePosté le: Mar 5 Mar - 09:30 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

 
 
 
LE TRÉSOR DES TEMPLIERS CACHÉ DANS LA SARTHE ?





Dans le département de la Sarthe, à Juillé, il existe une vieille tour près d'un château en ruine. La légende veut que, dans les souterrains du donjon, un caveau dont le mur du fond s’ouvre aux douze coups de minuit le jour de Noël, permet d’accéder à une cavité remplie de richesses.





Voici l’histoire….




A l’époque de la régence. Jean, un laboureur de la paroisse de Juillé, connaissait la cachette du donjon car un parent lui avait transmis un secret de famille : les Templiers avaient caché là une part de leur trésor, avant que Philippe le Bel s'accapare des biens de l'Ordre du Temple de Jérusalem après avoir fait arrêter, brûler sur un bûcher, leur grand Maître Jacques de Molay, en 1314.


(Jacques de Molay)







L'origine de ce secret remontait aux temps des croisades. L'un des ancêtres de Jean, Hubert de Faudoas était page de Guillaume de Beaujeu, un grand Maître de l'Ordre du Temple tué à Saint Jean d'Acre en 1291. Hubert devenu, a son tour, chevalier du Temple fut chargé de la garde du trésor de l'Ordre. Il aurait alors dissimulé l'or du Temple afin de le soustraire aux prétentions royales visant à l'élimination du pouvoir templier.

 Toutefois, avant d'être lui-même envoyé au bûcher, Hubert de Faudoas avait eu le temps de confier le secret du trésor caché dans les souterrains du château de Juillé à l'un de ses descendants.





Il lui aurait dit avoir ramené de Terre sainte, un serrurier arménien qui avait inventé des portes capables de s’ouvrir et de se fermer sans utiliser de clés, uniquement par la vibration émise par un gong ou par une cloche. Par ce procédé, Hubert avait fait aménager un endroit secret dans le caveau de son château de Juillé, dont les parois du fond s'entrouvraient une seule fois dans l'année, au bruit de la cloche de l'église voisine sonnant minuit le jour de Noël.

 Toutefois, pour empêcher qu'on emporte le trésor, l'ouverture de la cavité ne durait que le temps de la résonance des cloches. Afin que ce secret soit préservé, le serrurier arménien et ses ouvriers avaient été précipités dans les oubliettes du château. Seul l'héritier mâle des Faudoas était dépositaire du secret de l'or des Templiers.





Le trésor déposé là provenait des richesses de l'Ordre, ramenées de l'îlot forteresse de Rouad, en Syrie, au moment où les Croisés étaient chassés de Terre sainte et de l'or que Guillaume de Beaujeu avait rapporté de ses voyages. A la fin du XVIe siècle, Henri IV fit détruire le château de la famille de Faudoas, accusée de conspiration, mais le donjon fut épargné.
 



Plus d'un siècle après cette démolition, Jean Faudoas était le dépositaire du secret de famille. Ses activités de laboureur ne lui permettant plus de nourrir sa famille, il décida d'aller, lors de la prochaine nuit de Noël, récupérer une partie du trésor du Temple afin de vivre plus facilement.





Connaissant le risque de rester enfermé dans la cave du trésor, mais ne pouvant, par serment familial, partager son secret, Jean Faudoas demanda à André, son plus proche ami, de venir voir, en cas de disparition le lendemain de Noël, s'il avait laissé une trace de son passage dans le caveau du vieux donjon. Et si cela était, de faire disparaître cette trace et de juré de ne jamais en parler à personne.




Quand Noël arriva, André assista à la messe à l'église de Juillé, mais ne vit pas Jean. Le lendemain, Jean n’avait pas réapparu. Fidèle à son ami, il alla, le soir et malgré un froid intense, dans les ruines du château munit d’une torche. Il connaissait le chemin qui menait au caveau du vieux donjon pour l'avoir parcouru pendant sa jeunesse avec Jean. Il alluma sa torche lorsqu'il parvint à l'escalier qui descendait vers les caves sombres de la tour.





André remarqua que la dalle qui recouvrait l'un des tombeaux était ouverte, dégageant un passage vers un escalier obscur. Luttant contre sa peur, mais comprenant qu'il s'agissait là de la trace dont avait parlé Jean, André s'engagea dans la descente. Après quelques marches, il pénétra dans une petite fosse vide de toute sépulture. L'explorant alors à la lueur de sa torche, il remarqua qu’au pied du mur se trouvait des bouts de doigts sectionnés à hauteur de la première phalange. Il y avait aussi un calice qui brillait intensément sous l'éclat de la torche, mais il n'y avait rien d'autre.





Aux débris sanglants qu'il avait ramassés au pied du mur, André devina qu'un drame s'était déroulé là, et que Jean en était sûrement la victime. Impuissant face au mur et commençant à suffoquer dans la fosse, André ramassa le ciboire, remonta, et referma la dalle du sarcophage afin d'effacer la trace du passage secret. Il sortit du caveau, il se doutait bien que le mur contenait la clé du mystère de la disparition de Jean mais, tenu par son serment, il ne pouvait se parjurer en demandant de l'aide.





Peu de temps après, tourmenté mais décidé à ne pas se parjurer, André décida de se confesser au curé et d'obtenir qu’une messe soit dite à la mémoire de Jean. Pour prix de cette dévotion, il remit le ciboire au curé en lui affirmant que tel était le voeu de Jean avant qu'il disparaisse, mais il ne dit pas un mot sur le passage secret du caveau sous le donjon.





Lui-même tenu au secret confessionnel, et ne sachant comment justifier la présence d'un ciboire décoré de pierres précieuses dans sa paroisse, le curé de Juillé remit la coupe à l'évêque du Mans. Surpris de la beauté d’un tel don, l'évêque le fit expertiser par des orfèvres, sans toutefois révéler comment elle lui était parvenue. Mais bientôt des rumeurs circulèrent sans que l'on sache qui les propageait, disant que le Saint Graal venait mystérieusement de réapparaître en terre celtique du Maine.

 Le ciboire d’André était en effet en moldavite, une pierre classée précieuse, d'une gemme brun vert, qui provient de Moravie où l'on dit qu'elle est d'origine météorite. Or les légendes celtiques du roi Arthur et de ses chevaliers de la Table Ronde, prétendent que le Saint Graal, qui aurait recueilli le sang du Christ, aurait été taillé dans cette gemme. Ainsi, le ciboire de Juillé entrait secrètement dans la légende.


Trouvant trop lourd pour lui le mystère de cet objet brusquement revenu du fond des âges, l'évêque du Mans fit don du précieux calice au Saint Père Benoît XIII, qui venait d'inaugurer son pontificat, mais nul ne sait si l’évêque révéla s’il s’agissait, peut-être là, du Saint Graal.






Le trésor du Temple est toujours enfoui sous les ruines d'un vieux château. André conserva son secret : il avait vu le Saint Graal. Ses descendants poursuivirent la tradition en transmettant le secret familial de génération en génération


  

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claudine
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MessagePosté le: Mar 5 Mar - 11:33 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

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claudine
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MessagePosté le: Mer 6 Mar - 10:47 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Légende de la Fée de la Lienne  
 
Les pierres s’en souviennent : en ces années vivait Rambert, un hobereau dont la motte castrale se dressait à Grimbiémont ; non loin d’une rivière dont on avait perdu le nom, mais dont les eaux cristallines n’en finissaient pas de subjuguer le modeste seigneur. Celui-ci, il est vrai - tout redoutable combattant qu’il fut - nourrissait un goût prononcé pour le beau. Esthète, érudit, poète à ses heures, s’il pratiquait la chasse c’était bien davantage pour se nourrir que par amour de l’acte, au contraire de ses turbulents voisins.  
 
Ainsi l’aube venait-elle d’étaler ses brumes dans la vallée, ce jour là, quand Rambert, au sortir d’un taillis, tomba nez à nez avec une biche magnifique. Celle-ci le regardait innocemment tandis qu’il bandait le puissant arc d’if, s’apprêtant à décocher un trait mortel. Mais le jeune homme n’alla pas au bout de son dessein : baissant son arme, il regarda l’animal s’en aller lentement vers la rivière, puis s’endormit au pied d’un bouleau dont le tronc tourmenté plongeait ses racines sous l’herbe tendre du printemps. 
-o-o-o-  
Son instinct de guerrier le fit sortir de sa torpeur : quelqu’un était là, tout près ! Les yeux mi-clos, le chevalier s’apprêtait au pire, laissant glisser sa main vers la dague qu’il portait à la ceinture, dans un geste de dormeur. S’il fallait vendre sa peau, ce serait au prix fort. Quelque chose, pourtant, lui disait qu’il n’avait rien à craindre. Mais allez donc savoir : deux chevaux. L’un est blanc, l’autre noir. Qui tient les rênes, s’il les tient ?Le doute fut dissipé lorsque, prêt à toute éventualité, il ouvrit les yeux et se tourna vers la présence. Celle-ci, une jeune femme aux cheveux blonds ondulant en cascade jusqu’au creux de ses reins, d’une beauté irréelle, voilée à peine par un tissu léger où le soleil faisait chanter les pleins et les déliés, le regardait paisiblement. Et ces yeux ! Il les connaissait bien, ces yeux : ceux de la biche, tout à l’heure ! Une petite chèvre au poil doré se tenait aux côtés de cette apparition dont Rambert était certain qu’il ne l’avait jamais rencontrée sur ses terres, ni sur celles d’alentours.
Ils se regardèrent longuement, sans mot dire, avant que le jeune homme rompe enfin le silence : « Je suis Rambert, seigneur en ces terres, et vous, belle dame, qui êtes-vous ? » « Appelez-moi Lienne, gentil seigneur ». Un silence, encore. De ces silences habités où tout s’exprime sans un mot. Où tout peut – où tout doit - se décider, faute de passer à côté de l’un de ces rendez-vous que la vie place sur le parcours. Deux chevaux : l’un est blanc, l’autre noir. Leurs rênes sont à l’encolure : nul ne les tient, qui les prendra ?
« Je… », balbutia Rambert. « Vous ? » répondit la femme en souriant. « Je… Je ne sais quels mots… vous dire… ». « Alors, à moi donc », enchaîna la belle : « Je suis la fée de cette rivière. Et comme tu l’as deviné, j’étais dans le corps de la biche, tout à l’heure, que tu as épargnée. Tu ne me connais pas, mais moi je te connais. Peu importe comment, mais je te connais. Et te sais différent des autres hommes… Attends, laisse-moi achever » fit-elle, coupant tendrement la parole au jeune homme. « Je sais quel est ton voeu, et combien grande est mon envie d’y répondre. Mais tu dois savoir que cinq années seulement nous seront données, au bout desquelles je devrai te quitter pour rejoindre le royaume des dieux anciens. Dis-moi, à présent que tu sais, ce que ton cœur brûle de me dire. S’il le veut toujours ». Rambert ne dit mot : il s’approcha d’elle et l’étreignit.


Ils ne rentrèrent que quelques jours plus tard au château, où l’inquiétude suscitée par cette absence inhabituelle fit rapidement place à la liesse des épousailles auxquelles la petite chèvre au poil doré assista, sagement allongée aux pieds du couple.
Les mois, les années passèrent, durant lesquels le sombre donjon de Grimbiémont se transforma en bienheureux séjour couru par tout ce que l’Ardenne et les pays alentours comptait de musiciens, de ménestrels, d’érudits. Grâce à la chèvre, dont il suffisait de tondre les poils d’or – car c’était bien de l’or – pour payer bâtisseurs, orfèvres et autres marchands d’étoffes exotiques, la maison de Grimbiémont devint prospère. Reconnaissant, Rambert la fit même figurer sur ses armoiries.
Les mois, les années passèrent. Deux chevaux : l’un est noir, l’autre blanc, la rêne les tient en avant. L’un des deux s’en ira pourtant, Rambert ne voyait que le blanc : les hommes font ainsi, souvent.
Vint le jour des adieux. Là même où ils s’étaient connus, Lienne et Rambert se rendirent, seuls. La fée, émue, posa un ultime baiser sur les lèvres de son bien-aimé, qui ne pouvait retenir ses larmes : « Tant de bonheur, Lienne… » Mais elle, déjà, se transformait en brume et disparaissait, laissant Rambert à son chagrin. Il rejoignit tristement le château ou les cabrioles de la chèvre d’or, que son amour avait laissée, ne parvenaient plus à le distraire. Ménestrels et montreurs d’ours se firent de plus en plus rares. Un vieil homme, borgne et manchot, était devenu la seule présence que Rambert tolérait lorsqu’il s’en allait, des heures durant, arpenter les berges de la rivière à laquelle il avait rendu le nom de celle qu’il espérait toujours retrouver : Lienne. Désespéré, il partit pour la croisade et se couvrit de gloire, faute d’y mourir comme il l’eût souhaité.

-o-o-o-  
À son retour, il quitta Grimbiémont, qui s’enfonça dans les broussailles et, grâce aux poils de la chèvre d’or, fit construire un nouveau château à Grimbièville, quelques lieues plus loin. Peu après, il épousa Brunehilde, la fille d’un seigneur voisin. Très pieuse, celle-ci séjourna peu auprès de Rambert : cette chèvre d’or et les bruits qui courraient au sujet des amours de celui-ci avec une fée lui faisaient redouter ce séjour. Où elle ne se trouvait d’ailleurs que pour obéir à son père. Elle donna descendance à son époux, puis rejoint un cloître lointain selon son plus ardent désir. Le chevalier pour sa part, devenu Baron, vécut quelques années encore avant d’expirer dans les bras de son seul ami, le vieillard borgne et manchot, tandis que la chèvre d’or lui léchait le front. C’était, le croiriez-vous, en bord de Lienne ; et Rambert rendit l’âme dans un sourire tandis qu' un voile de brume se posait sur la scène. 
 
Longtemps encore, les sires de Grimbièville vécurent prospères grâce à la chèvre d’or. Mais la peste survint, qui fit des ravages, n’épargnant personne : le dernier descendant de Rambert et ses trois fils périrent dans d’atroces souffrances. Le château fut abandonné, et avec lui la chèvre de Lienne. Un soir, un terrible orage s’abattit sur les murs désertés, rendant la pierre à la pierre, le bois à la forêt qui avait envahi les essarts et jusqu’au parc du bâtiment. Dans un éclair, on vit la chèvre d’or s’élever dans les nuées, pour disparaître à jamais.  
-o-o-o-  
Voila : l’histoire est dite. Ou presque. Car si, par bonheur, vos pas vous mènent en bords de Lienne par un beau matin d’été, quand la brume gorgée de soleil étend sa gaze sur les prés, il ne tiendra qu’à vous d’être attentifs pour apercevoir la fée qui, cinq années durant, fit le bonheur de Rambert sur cette terre. Avant de l’accueillir de l’autre côté du miroir, un matin qu’il partit aux Iles Bienheureuses.

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fleurdeschamps
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MessagePosté le: Mer 6 Mar - 23:35 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

   
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MessagePosté le: Jeu 7 Mar - 18:52 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

 
La Cité de Limes a encore été pour nos marins le sujet des histoires les plus merveilleuses. On dit qu'en traversant la cité de Limes, le voyageur remarque parfois sur le gazon des empreintes récentes en forme de grands cercles, comme si on avait dansé. Ce sont, paraît-il, les traces des pas de fées, qui furent de tous temps maîtresses de ce vaste domaine. Comme dans la plaine de Carnac, elles viennent en cet endroit mener la nuit, au clair de lune, leurs danses accoutumées.
Elles mêmes avaient préparé un chemin qui conduisait à leur antique demeure ; en une nuit elles firent la chaussée qui conduit de Rouen à Dieppe, à la pleine lune de septembre, elles venaient s'installer à la Cité de Limes pour tenir une foire annuelle.

Elles étalent sur le gazon de précieuses marchandises, bijoux, riches vêtements, étoffes brochées d'or et de soie. Malheur à vous si, traversant la Cité, vous laissez vos yeux se fixer sur ces marchandises ! L'éclat en est si doux que vous voudrez en vain continuer votre chemin. Ces belles fées, à la taille légère, vêtues de si blanches robes, vous entoureront, vous caresseront de belles paroles, les heures s'envoleront et, sans vous en apercevoir, vous aurez été peu à peu entraîné à l'autre bout de la Cité.

Prenez garde, vous êtes au bord de la falaise : la fée perfide va vous pousser et vous précipiter en riant dans la mer.



Abbé RICOUARD
     

 
               
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MessagePosté le: Mar 12 Mar - 18:47 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

- Sympa Exclamation

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MessagePosté le: Mar 12 Mar - 19:40 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Legendes en Limousin 
 
 
 
LES PAS DU DIABLE !
 
 
 
 
 
Tout prés du village de Masquet-bas en un lieu appelé Les Rochants, sur une roche schisteuse et très dure, on remarque des empreintes de divers animaux.Comment expliquer le fait ?Un villageois du lieu, dit la légende, avait une fille très belle. Un jeune homme vint solliciter la main de cette enfant de façon pressante.Pour se débarrasser d’instances qui le fatiguaient, le père déclara un jour au solliciteur : " Je vous donne ma fille, si demain avant que le coq chante, le ruisseau des Rochants passe devant ma porte ". On se sépare, la nuit vient.
Quelle ne fut pas la terreur du villageois, quand, réveillé au milieu des ténèbres il entend le ruisseau s’approcher de sa porte ! !. Un instant lui a tout fait comprendre. " Jal, jal, jalinat " s’écrie-t-il. " Galle, galle, gallinate, sauva mé ma filla... (sauve-moi, ma fille) ". La dessus il fait le signe de la croix, le coq chante, la fille est sauvée !

Ce n’est qu’en s’enfuyant que les ouvriers de Satan, porteurs du torrent devant la demeure du pauvre homme, laissèrent de leurs pieds brûlants . . .


. . . les traces qu’on y voit.



LA FONTAINE MIRACULEUSE ?
  
 
 
Si le fait est exact, dit le curé Faurie qui rapporte cette légende, il faudrait convenir que Satan trouva bien sa revanche dans les années 1756-1757. A cette époque une femme de la commune attira une immense foule en affirmant recevoir des apparitions de la très sainte Vierge.Ce fut prés d’une fontaine au fond d’un bois voisin du hameau de Prugnoles. Ce qu’il y a de plus curieux c’est que la chose "était prédite dans un vieux livre dont on possède encore un exemplaire en bas limousin. Je ne l’ai point lu mais des personnes dignes de foi ont lu : " entre Tulle et Argentat, a un endroit appelé Forgés, il y aura une fontaine qui fera courir beaucoup de monde " La femme était-elle trompeuse ? Comme elle était honnête beaucoup de gens ne l’ont cru que trompée !
Un fait troublant, fait encore parler les gens du pays au sujet de cette fontaine soit disant "miraculeuse ", un prêtre de Forgés ( l’abbé Auliac ), à l’époque, ayant entendu parler de la chose aurait dit en public ces paroles : " si cette fontaine est miraculeuse je veux bien perdre mes deux yeux " . . .


. . . Quelques temps après le prêtre devint aveugle !



Source : Dictionnaire des Paroisses du Diocèse de TULLE



 

       

 

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MessagePosté le: Mer 13 Mar - 16:55 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

 
 
la légende du pont du Diable  
 
Situé entre Chaudfontaine et Ninane (Province de liège) , le Pont du Diable se dessine à l'horizon sur sa colline, reliant deux promontoires boisés, dans un de ces sites étonnant qui compte parmi les grandes valeurs touristiques de la localité. 

Sa construction bizarre remonte à une date indéterminée. 

Voici au sujet de sa dénomination la légende que nous a racontée un vieux calidifontain qui la tenait déjà de son grand-père :
"Jadis les cultivateurs du hameau de Ninane et des hameaux environnants se rendaient à la ville en empruntant la vallée de la Vesdre qu'ils rejoignaient en descendant vers Chaudfontaine.
 

Toutefois, pour atteindre cette dernière localité, un seul chemin était accessible et au centre de ce chemin se dressait un pont rudimentaire qu'ils devaient emprunter. Or, un beau matin, à la stupéfaction générale, les paysans constatèrent que le pont en question s'était écroulé pendant la nuit. 

Sa reconstruction, à l'époque, allait nécessiter plusieurs semaines de travail acharné et une nombreuse main-d'oeuvre. Après s'être lamenté toute la journée, et après examen de la situation, les paysans désespérés décidèrent, la nuit tombante, de rentrer chez eux.
C'est à cet instant même qu'une grande lueur se produisit et que dans un tourbillon de flammes apparu le Diable en personne.
A peine revenu de leur stupéfaction, les paysans tremblant de frayeur entendirent Satan leur proposer le marché suivant.
Si vous le désirez, dit-il, pour demain matin, ce pont sera reconstruit ! Toutefois, en compensation, je vous demande de me donner l'âme de la première créature qui franchira le nouveau pont.
 

Foncièrement chrétiens, les paysans refusèrent un tel marché. 

... Les jours passèrent... les nuits passèrent... les finances baissèrent... et la misère commença à se faire jour.
Acculés par la faim, les paysans retournèrent près des ruines du pont et conclurent le marché proposé quelque temps auparavant par Satan.
Et le lendemain matin, lorsqu'ils découvrirent le pont reconstruit et Satan attendant, en triomphateur sa victime, ils se concertèrent.
 

On installa alors un grand sac à l'entrée du pont. 

De ce sac, s'enfuit un magnifique bouc qui se précipita sur le pont et se jeta dans les bras du Diable qui, se voyant trompé, n'eut d'autre solution que de retourner en hurlant vers le feu éternel de son royaume maudit. 

Voilà, telle qu'elle nous a été racontée, la légende de ce pont qui depuis lors s'appelle "LE PONT DU DIABLE 
 


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jicel
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MessagePosté le: Mer 13 Mar - 18:44 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

on ira le voir ce pont Claudine Wink Okay

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fleurdeschamps
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MessagePosté le: Ven 15 Mar - 06:32 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

La légende des Prés Messieurs 


En Corrèze, près du château féodal de Ségur, coule un petit ruisseau qui fut l'objet d'une aventure peu commune. Evidemment, le bouche à oreille et les veillées transformèrent ce récit en légende. Curieusement elle se nomme :


Les Prés Messieurs de Ségur 


"Il était une fois une belle jeune femme qui venait passer les mois d'été dans ce lieu de calme qu'est Ségur en Corrèze. Evidemment, une belle femme seule et libre de ses mouvements ne pouvait paraître que suspecte.

Certains disaient :

- " Cette femme sort aussi (et surtout ?) les nuits de pleine lune "


D'autres surenchérissaient en affirmant :

- " Cette femme est en réalité.....une sorcière ! "


Et les plus hypocrites chuchotaient en faisant le signe de croix :

- " Cette sorcière a fait un pacte avec le Démon ".


La chose la plus curieuse était que cette sorcière était belle...... mais vraiment belle, sans verrue sur le nez, sans habit noir, sans chevelure foncée et mal coiffée.
Belle et jeune !

Cela prouvait bien qu'elle avait vendu son âme au Diable !..

Autre curiosité, une sorcière ne se lave pas, c'est bien connu, alors que notre beauté allait se baigner dans la rivière, évidemment uniquement les soirs de pleine lune ).




 Hors, une nuit de pleine lune , deux jeunes chevaliers récemment sacrés, voulurent se rendre compte des faits et faire taire les ragots. Près de la rivière, Ils s'approchèrent et furent surpris par la beauté de la baigneuse.


Mais hommes ils étaient plus que chevalier, et voulurent taquiner la belle en prenant ses vêtements abandonnés sur la berge .
Ils pensaient que la belle n'oserait pas repartir toute nue et qu'elle viendrait réclamer ses beaux habits. Les jeunes chevaliers avaient l'intention de négocier la rupture de son pacte avec le diable



Quand la belle s'aperçut de la disparition de ses vêtements, on prétend que ......... tous les chiens des environs se mirent à hurler à la lune
. Il s'en suivit un énorme grondement qui réveilla tous les habitants du village et des alentours.

Le lendemain matin, au bord du ruisseau, un fermier qui emmenait ses vaches découvrit, les corps foudroyés des deux jeunes chevaliers. "

C'est depuis ce jour là que les prés qui longent ce ruisseau se nomment :

Les Prés Messieurs.




 

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MessagePosté le: Ven 15 Mar - 13:41 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:23 (2017)    Sujet du message: contes et légendes

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