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contes et légendes
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fleurdeschamps



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MessagePosté le: Mer 10 Avr - 08:26 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Revue du message précédent :

 La Dame Blanche du château de Reichenstein (Alsace, Haut-Rhin) 



Messire Treitlinger, Conseiller de la Régence de Montbéliard qui représentait son Altesse le Duc de Wurtemberg dans ses possessions en Alsace, lors d’une visite à Riquewihr, avait été invité par le Bailli à une partie de chasse dans les vastes forêts du domaine. A cette occasion le Sire Treitlinger fut scandalisé par le laisser-aller qu’il constatait dans l’administration des domaines de ses maîtres ; nos chasseurs trouvèrent un faon pris par la gorge dans un collet meurtrier.

Dès le lendemain furent convoqués le Directeur du domaine et les Officiers de la Forêterie. Le Conseiller le la Régence exigea plus de rigueur dans l’économie forestière et l’abattage des arbres. Il enjoignit au Maître des Eaux et Forêts de mettre fin au braconnage. L’Officier des Eaux et Forêts demanda donc à ses quatre forestiers de parcourir aux heures les plus inattendues, les belles futaies de sapins, de hêtres et de chênes, qui recelaient en abondance cerfs, chevreuils, sangliers, tous gibiers tellement convoités par les manants.

Les bûcherons et les charbonniers qui, depuis 1720 s’étaient établis à Ursprung avec autorisation spéciale, pratiquaient avec beaucoup d’habileté le braconnage au plus profond des bois, où personne ne les avait inquiétés jusqu’alors.


C’est ainsi donc que Jacob Gebhardt, le forestier et garde-chasse assermenté se trouvait un soir de juillet 1769, par un magnifique clair de lune, sur le sentier qui longe le Sembach tout au fond de l’étroit vallon. Il allait être minuit, la pleine lune était au zénith. Soudain il fut fort intrigué par un flocon de brume blanche qui se détachait du vieux donjon en ruine de Reichenstein. Il sentit un frisson parcourir tout son corps, lorsque ce singulier nuage prit peu à peu la forme d’une dame en longue robe blanche. Sidéré, appuyé à un chêne, il resta immobile, osant à peine respirer.



L’apparition descendit lentement vers la rivière. Jacob la vit se mettre à genoux sur une dalle plate. Elle tenait en main une grosse clef qu’elle trempa dans l’eau. Elle la lava, la frotta, la gratta énergiquement, interminablement, comme s’il fallait la purifier d’une tache rebelle, indélébile.

Jacob bougea-t-il à ce moment ? Toujours est-il que la dame se leva, mais loin de disparaître à la manière d’un spectre, voici qu’elle s’avança vers lui. Le garde-chasse était dans un état si singulier, si euphorique, qu’il n’eut même pas l’idée de fuir. La dame blanche lui prit la main et lui dit d’une voix douce :


" Ecoute-moi, je t’en prie. Viens demain soir, à la même heure, sur ce chemin, et allume deux torches. Voici exactement cinq cents ans que je souffre. C’est toi qui peux me délivrer. Je te conduirai dans une salle où tu verras sur un grand bahut de chêne un gros chien noir. Il me garde captive. Tu serreras très fort ma main droite, à tel point que le sang jaillira de mes doigts. Surtout ne te laisse pas effrayer par les hurlements du chien. Alors je serai délivrée et toi, tu seras riche. Ce coffre contient un trésor fabuleux dont tu donneras la moitié aux pauvres ; le reste t’appartiendra. "


La dame retourna au château où elle redevint blanc nuage et disparut. Jacob Gebhardt rentra chez lui mais ne dormit guère. Ce qu’il avait vécu dans le vallon du Sembach ressemblait à un rêve; pourtant il n’avait pas dormi pendant sa ronde de nuit. Il n’en parla à personne, craignant qu’on se moquât de lui. La nuit suivante, s’étant muni de deux torches et d’un briquet, Jacob mit son fusil à l’épaule comme pour une ronde normale. Il remonta d’un bon pas le Kleintal et le sentier du Seelbourg pour observer par le haut la ruine du Reichenstein. Il n’y remarqua rien de suspect. Peu à peu il fut obsédé par le doute et la honte de s’être fait prendre naïvement à une illusion ou un rêve. Arrivé en haut de sa course il prit pourtant le vallon du Sembach appelé Grosstal et dévala allègrement le sentier.

Il était environ minuit lorsqu’il arriva à la hauteur de la ruine. Il accrocha son arme au chêne auquel il s’était adossé la veille. Il entreprit d’allumer les deux torches. Sitôt que brillèrent les deux flammes, le sentier devint un chemin dallé et la ruine de Reichenstein fut métamorphosée en un édifice intact et illuminé.


Sortant du portail largement ouvert, la Dame Blanche vint à la rencontre de notre forestier qui aussitôt, se sentit rassuré, heureux, euphorique. Elle prit une des torches dans sa main gauche, et donna sa droite à son nouveau chevalier, lui recommandant de ne pas la lâcher. Par un bel escalier illuminé miraculeusement, la Dame conduisit le garde-chasse vers la salle des chevaliers, une pièce avec cheminée, table massive, et contre le mur, le coffre fatidique sur lequel s’allongeait un énorme chien noir. Jacob serra la main droite de toutes ses forces. Le furieux animal se mit à hurler si fort, si affreusement, ouvrant une gueule si menaçante, que le chasseur d’ordinaire courageux retira sa main et s’apprêtait à fuir.

Il entendit encore la pauvre Dame Blanche dire d’une voix brisée :

" Il me faudra donc attendre neuf fois quatre vingt dix neuf ans jusqu’à ce que je croise enfin le chêne dont les planches serviront à confectionner le berceau de l’homme qui pourra me délivrer. "

 
 
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MessagePosté le: Mer 10 Avr - 08:26 (2013)    Sujet du message: Publicité

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claudine
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MessagePosté le: Mer 10 Avr - 18:59 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

je connais l'endroit... mais pas la légende,  Feurdeschamps
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claudine
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MessagePosté le: Sam 13 Avr - 15:09 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

 
 
Hubert, fils de Bertrand, duc d’Aquitaine et arrière-petit-fils de Clovis était en l’an 683 un seigneur célèbre dans toute la Gaule par son intelligence, sa richesse et sa bonté. Il était âgé de vingt-huit ans et jouissait d’une renommée des plus flatteuses et d’une santé superbe. Il avait un visage loyal, ouvert et souriant. Ayant delaissé la Neustrie où la corruption des grands lui causait souci et offense, il passait ses jours en Ardenne, chez son parent, Pepin d’Heristal, comme lui puissant seigneur et maire du palais des rois Austrasie.On ne connaissait à Hubert qu’une passion vive, irrésistible, furieuse: la chasse. A part cela, peut-être à cause de cela, car la chasse le tenait éloigne des inévitables et ordinaires querelles, il avait une grande réputation de sagesse. Pourtant il ne pratiquait aucune religion, étant, certes, trop occupé de vénerie pour adorer aucun dieu. Il avait complètement oublié l’enseignement très chrétien reçu de sa tante, sainte Ode, qui lui servit de préceptrice, car la princesse Hugberne, sa mère, était morte en le mettant au monde.

Il se souciait donc fort peu de la messe et des solennités chrétiennes, mais il ne pensait pas mal faire. Il les ignorait simplement. Chaque jour, il était a la chasse, parcourait la forêt dont les halliers impénétrables étaient peuplés de sangliers et de loups, et ne rentrait à son château qu’à la nuit pleine. Parfois, sans les rechercher, il avait aperçu des idoles à l’abri de quelque chêne ou sur le bord des fontaines que les païens croyaient habitées de nymphes. Il ne s’était pas attardé dans leur contemplation. Car s’il n’était pas chrétien, il n’était pas davantage païen, encore qu’il ne fut pas loin de croire que chaque arbre de sa chère forêt possédât une âme émue et douce, ne se rendant pas compte sans doute qu’il prêtait ainsi simplement aux choses le reflet de son âme heureuse.Le duc Hubert chassait ! Il s’occupait à bien dresser ses lévriers rapides, ses énormes matins de Tartarie et ses griffons poilus, et à affaiter les gerfauts de Meuse. Il aimait voir sa meute gravir les pentes des collines, tandis qu’il allait dans le feu du soleil ou parmi les tempêtes. Il maniait avec une dextérité égale la hache, l’épieu, le couteau, l’épée. Il tuait d’une main sûre.


Il savait que, pour les chrétiens, le cerf devait à sa noblesse d’être l’animal privilégié de Notre Seigneur Jésus-Christ; pourtant il se réjouissait d’entendre le cerf gémir, lorsque les chiens le tiennent rendu, et, en lui trouant le flanc avec l’épieu, sa main ne tremblait pas le moins du monde. Hubert attendait même, avec grande impatience, qu’il lui fut donné de rencontrer le fameux et presque introuvable cerf blanc, mais pour le seul fait de sa grande rareté, et non parce que sa mort octroyait au chasseur, comme chacun le savait de père en fils en Ardenne, le droit de baiser à son choix les lèvres de la plus douce et mignonne pucelle.Un jour d’hiver, Hubert partit à cheval pour la chasse, dès les premières lueurs de l’aurore. C’était le jour de la fête de la Nativité de Notre Seigneur. Du givre était épandu sur les arbres; du brouillard flottait au creux des vallons; quelques flocons de neige tombaient. Et comme il commençait à chasser, un cerf dix-cors, entièrement blanc, d’une taille extraordinaire, bondit d’une fourre et s’élança devant lui, l’entrainant dans les profondeurs de la forêt où le galop de son cheval le poursuivit. Après plusieurs heures, le cerf ne montrait toujours aucune fatigue alors qu’Hubert était rompu. Pourtant la course folle continua.


Soudain, il s’arrêta net. Dans une vision de lumière, Hubert vit entre les bois du cerf l’image du Crucifié et il entendit une voix qui lui disait :- Hubert ! Hubert ! Jusqu’à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu’à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton Ame ?
Hubert, saisi d’effroi, se jeta à terre et, comme Saint Paul, il interrogea la vision :
- Seigneur ! Que faut-il que je fasse ?
- Va donc, reprit la voix, auprès de Lambert, mon évêque, a Maëstricht. Convertis-toi. Fais pénitence de tes pêchés, ainsi qu’il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n’être point damné dans l’éternité. Je te fais confiance, afin que mon Eglise, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée.
Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme:
- Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse. Je ferai pénitence,
puisque vous le voulez. Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous!
Hubert, duc et maire du palais des rois d’Austrasie, tint parole. Il se rendit auprès de Lambert, son évêque, qui le reçût avec joie. Il implora sa protection, l’assurant qu’il voulait consacrer a Dieu le reste sa vie commencée dans l’impiété. L’évêque lui donna sa bénédiction en Notre Seigneur Jésus-Christ et le mit sur la voie vertueuse et difficile du salut.


Abandonnant palais et richesses, renonçant à toutes les vanités de ce monde, Hubert se retira à Andage, dans les bois de Chamlon, ou Notre Seigneur s’était montré à lui dans les ramures d’un cerf blanc, sous la forme d’une croix étincelante.Il habitât le monastère élevé en cet endroit par Plectrude, femme de Pépin d’Heristal, pour perpétuer le souvenir de l’incroyable mais véridique intervention de Dieu en faveur de son parent. Vêtu d’une rugueuse cotte de mailles appliquée sur sa chair, ne mangeant que racines, Hubert vécut là sept années, dans le recueillement, uniquement occupé à prier pour son salut. Il y vécut pauvre et parvint au complet détachement des biens de la terre, et même à oublier entièrement le trouble enivrant qui l’agitait lorsqu’il allait à la chasse, cette chasse qui n’avait été pour lui qu’une illusion de bonheur agréable et dangereuse.
Mais le bruit de sa conversion se répandit dans toute l’Ardenne. Et les païens, en apprenant que cet homme si réputé, ce grand chasseur, ce très haut et noble seigneur, avait avec éclat embrassé la religion du Christ, furent ébranlés dans leurs convictions détestables et se convertirent en masse. Bien des idoles furent alors détruites ou abandonnées, telles ces statues de la Diane chasseresse, dont Hubert, jadis, n’avait pas été sans subir le charme.
Ainsi Dieu, dans sa profonde sagesse, avait suscite aux incroyants l’apôtre le plus irrésistible et le plus séduisant.
Or Lambert, évêque de Maëstricht, ayant été massacré par des païens, Hubert fut appelé à lui succéder. Et le pape saint Serge voulut sacrer de ses propres mains le riche et puissant duc, si particulièrement aimé du Seigneur.


Mais comme Hubert, dès son retour de Rome, cherchait à revêtir les ornements pontificaux laisses par son prédécesseur, il ne trouva pas d’étole.- Le ciel me juge donc indigne de l’épiscopat, dit-il, puisque la marque la plus insigne de l’autorité ecclésiastique me fait défaut ?
A peine eût-il prononcé ces paroles qu’un ange parut, de lumière céleste environné, qui lui remit une étole blanche, tissée de soie et d’or par la Sainte Vierge. Ensuite, Saint-Pierre lui-même apparut et lui présenta une clé, symbole du pouvoir qu’il aura de guérir les enragés et les déments. Cette clé n’était rien moins qu’un fragment de la propre chaine de Saint-Pierre.


En l’année 708, Hubert établit à Liège son siège épiscopal, après avoir pris le soin d’y faire transporter les restes de saint Lambert, sur les lieux.Dès lors, Hubert fit constamment œuvre pie; convertit de nombreux incroyants; encouragea la charité; rechercha une justice égale pour tous et mis en chaque lieu des échevins; car il aimait les humbles et redoutait par dessus tout qu’on lui reprocha d’avoir été grand parmi les hommes et qu’on put l’accuser d’orgueil devant Dieu. Il reçut du ciel le pouvoir de faire des miracles et guérit force malades et possédés, ouvrant même à la lumière, comme sainte Lucie de Syracuse, des yeux qui ne voyaient plus.


Il vécut la fin de sa vie malade et souffrant une douleur lancinante et terrible que rien ne pouvait soulager, il se sentit rapidement dépérir.C’est alors qu’un ange lui apparut en songe pour lui annoncer la proche issue de son passage terrestre. Hubert, aussitôt, fit choix du lieu de sa sépulture, dans l’église qu’il avait fait construire, à Liège, en l’honneur du prince des Apôtres. En prenant la mesure de son tombeau, il dit à ceux qui l’assistaient:
- Vous creuserez ici ma tombe et y déposerez ma dépouille mortelle. Dieu veuilles recevoir mon Ame!
Et ainsi qu’il l’avait prédit, il rendit, peu de jours après son Ame à Dieu, le dernier vendredi du mois de mai de l’an de Notre Seigneur sept cent vingt-sept, dans la septante et unième année de son âge.
Sa mort fut un deuil universel.


C’est alors que de nouveaux miracles, innombrables et retentissants, se produisirent. Quatre-vingt-huit ans après le décès de saint Hubert, les moines bénédictins de Andage réclamèrent sa dépouille. Le pape ayant donné son autorisation, Valcand, évêque de Liège, ordonna de conduire à Andage la chasse magnifique qu’avait fait ciseler Carloman pour y mettre les reliques du saint. Ce qui eut lieu, en très grande pompe, en présence du pieux Louis le Débonnaire.Cependant, dès qu’ils eurent la chasse en leur possession, les bénédictins d’Andage ne purent résister au désir de l’ouvrir. Ils y trouvèrent le saint parfaitement conservé. Puis, certainement inspirés, ils eurent l’excellente pensée d’en retirer l’étole de soie et d’or tissée par la Vierge Marie.Et cette étole miraculeuse tint, depuis lors, le monde dans l’émerveillement. En effet, par elle, des malades, que la science des hommes ne parvenait pas à guérir, furent sauvés. Et à travers les siècles, parmi les foules qui s’empressèrent à Andage, les miracles, chaque jour, se renouvelèrent, et aussi chaque jour fut glorifiée la bienheureuse mémoire de Saint-Hubert.


Or, un jour, le troisième du mois de novembre, longtemps après la mort de saint Hubert, deux seigneurs ardennais chassaient dans la partie de la forêt voisine de Andage. A leur grande surprise, malgré qu’ils eussent battu et rebattu, ainsi que leurs veneurs, tous les bois, ils ne trouvaient trace d’aucun gibier. Consternés et dépités, ils se souvinrent tout à coup qu’ils étaient sur les lieux préférés par saint Hubert, lorsqu’il chassait, avant d’appartenir à Dieu. Ils firent donc le vœu d’offrir au saint le premier animal qu’ils tueraient. Immédiatement leurs chiens lancèrent un sanglier énorme, qui entraina meute et chasseurs jusque sous les murs même du monastère de saint Hubert. Là, le sanglier s’arrêta, sans tenir tête, comme s’il s’offrait volontairement aux coups des chasseurs, qui en effet, ne le manquèrent pas. Et tous furent dans la plus grande joie de voir une telle pièce abattue. Mais oubliant la promesse qu’ils avaient faite, les seigneurs donnèrent l’ordre d’emporter le sanglier. Celui-ci, aussitôt, se dressa, comme s’il était indigne d’être soustrait à sa pieuse destination, puis bondit, passa entre les chiens et disparut aux yeux des chasseurs que remplirent l’épouvante et le remords.

Et, depuis cette époque, le trois novembre est réservé à la fête de Saint-Hubert.

Ce jour-là, les chasseurs prennent part à des grandes chasses organisées en l’honneur du saint. Les cors sonnent le réveil en fanfare de tous les villages de l’Ardenne. Les prêtres disent la messe à la lueur des flambeaux. Le plus jeune chasseur fait la quête en offrant, en guise de plateau, le pavillon de son cor retourné… ou tombèrent longtemps des pièces d’or. Et le premier gibier tué est offert au saint eu égard au grand amour de vénerie qu’il eut avant d’être sanctifié…

 


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fleurdeschamps
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MessagePosté le: Sam 13 Avr - 20:53 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

  belle histoire que celle de cet homme devenu meilleur    Claudine
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MessagePosté le: Dim 14 Avr - 00:24 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Saint-Michel et Satan   



 
Saint-Michel et Satan étaient voisins .Un soir d'hiver qu’ils passaient ensemble la veillée, une discussion  s'éleva entre eux: Satan prétendait que sa puissance était infinie, Saint-Michel soutenait que Dieu seul est tout-puissant._«  Et bien, dit le diable, appelle Dieu à ton aide; bâtis un château, je vais en construire un autre, et nous verrons lequel des deux sera le plus beau ».
Saint-Michel accepta le défi;
Aussitôt le diable envoya une légion de diablotins chercher de gros blocs de granit dans tous les coins du monde .Les premiers qui furent de retour se mirent à l'œuvre  sans tarder. Ils commencèrent un château colossal sur un ilot battu des vagues et recouvert par les tempêtes .D’autres diablotins apportèrent tant de blocs qu’une montagne de granit se dressa au-dessus des flots. Satan était ravi.
Saint-Michel fit beaucoup moins de frais ; avec des cristaux de glace, il construisit sur la grève des murailles transparentes, des tours hardies couronnées de clochetons aux gracieuses colonnettes. Ce palais étincelant de lumière, reflétant au loin ses mille feux diamantés,  éclipsa le sombre  entassement de granit. Malgré son orgueil, Satan dut s'avouer vaincu. Grande fut son humiliation.
Le désespoir le rendit jaloux, les tortures de l'envie l'empêchèrent  de dormir. Enfin n'y tenant plus, il demanda au saint s'il voulait échanger sa demeure contre la sienne; Saint-Michel y consentit.
Lorsque vint l'été, le soleil brulant fit fondre le château de glace du diable; celui du saint subsiste encore aujourd’hui: c'est le Mont-Saint-Michel.


Satan fut donc obligé de vivre dans une humble chaumière sur la côte; mais il possédait des champs fertiles, des prairies bien arrosées, des coteaux plantés de grands arbres et des vallées verdoyantes. Le Saint, lui, ne régnait que sur des sables mouvants; sans ses prières; il serait mort de faim plus d’une fois.
Apres plusieurs années de jeûne, Saint-Michel se lassa d’un pareil régime. Il alla trouver le diable et lui dit:
 _»je viens te proposer une affaire; cède-moi toutes tes terres,  je les cultiverai de mon mieux, et nous partagerons la récolte. Est-ce dit? »
Le diable, qui était paresseux,  accepta.
Saint-Michel reprit:
_«Comme je ne veux pas que tu aies à te plaindre de moi, choisis toi-même ce que tu préfères : la récolte  qui sera sur terre, ou celle qui sera dessous? »
Satan s'écria:
_« Je prends celle qui sera sur terre,
_entendu,  » dit le saint;
 Six mois après, dans l’immense domaine du diable, on ne voyait que navets, carottes et oignons. Satan n'eut rien, se plaignit vivement et voulut rompre le contrat. Mais Saint-Michel avait pris goût à la culture.
_« Pour te dédommager, dit-il à sa dupe, je t'offre, cette année tout ce qui sera sous terre.
_Convenu «  répondit l’autre avec joie.
Au printemps suivant, toute l'étendue de terre était verte de blés, d'avoines, d’orges et de colza superbes. Satan n'eut rien encore et se fâcha tout rouge. Comme il s'apprêtait  à frapper Saint-Michel, celui-ci lui envoya dans les reins un formidable coup de pied, qui le lança comme une balle à travers l'espace.
Il vint s'abattre sur  les rochers de Mortain, où les cornes de son front et les griffes de ses pieds laissèrent des traces ineffaçables !!!
Il se releva meurtri, boiteux, estropié pour le restant de ses jours…Regardant au loin le mont fatal, il comprit qu’il avait affaire à plus fort que lui. Aussi se mît-il en route pour des pays étrangers, abandonnant à son ennemi, ses champs, ses prés, ses coteaux et ses vallons.



   
 



 

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MessagePosté le: Dim 21 Avr - 08:43 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Le tonnelier avare    
 
 
Il y a avait une fois, dans un village des environs de Lisieux, un tonnelier avare, d'une avarice sordide. Il était cependant un des plus riches de l'endroit. Cela ne l'empêchait pas de se nourrir et de s’habiller comme un pauvre, de travailler comme un esclave, de se plaindre continuellement. A l'entendre, le commerce allait mal, le bois renchérissait, les clients n'étaient plus ce qu’ils étaient autrefois; personne, non, personne n'était malheureux que lui.
En vérité, il ne pensait qu’à son argent. Ses chers écus lui tenaient lieu de femme, d'enfants, de parents et d'amis. Il détournait ses regards des souffrances des autres; ils étouffaient en lui tout sentiment de pitié; en un mot, ils rendaient son coeur dur et froid comme une pierre.


Un jour qu’il travaillait dans son atelier, il entend frapper à sa porte. Il ouvre. Un vieillard infirme, couvert de haillons, l’air extenué de fatigue, lui demande un verre d’eau.
« Va boire à la fontaine qui est au bout du chemin! Réplique brutalement le tonnelier.
La fontaine est bien loin pour mes faibles jambes, reprend le vieillard, je vous en supplie, donnez- moi un verre d’eau; je suis si fatigué!
Crois-tu donc, répond le tonnelier, que je vais me déranger pour un va-nu-pieds comme toi? Je n'ai pas de temps à perdre. Sors, va-t'en! »
A ces mots, le mendiant se redresse, majestueux et sévère:
«Tu es connu dans tout le pays pour ton avarice; je pourrais te punir de ta dureté; je te commande seulement de remplir ce tonneau que tu viens de faire. »
Cela dit, le vieillard s'éloigne.


Ces paroles, ce ton d'autorité, stupéfièrent  l'avare; un moment, il resta pensif. Il s'apprêtait à continuer son travail, lorsque, poussé tout à coup par une force irrésistible, il prit le tonneau, le roula jusqu’à la fontaine, le plongea dedans: quel ne fut pas son effroi en le retirant vide!
Son inquiétude ayant fait place à la colère, il saisit le tonneau que ses mains avaient abandonné, le jeta dans la fontaine, l'enfonça de toutes ses forces, avec rage: l’eau ne mouillait même pas le bois.
Furieux, il renouvela plusieurs fois sa tentative, et toujours sans succès.


Désespéré, il souhaitait la mort....
A la fin, comprenant qu’il était châtié de son odieuse inconduite envers le vieillard, il se repentit sincèrement et se promit d'être bon désormais pour ses semblables. Tandis qu'il prenait cette résolution, des larmes montèrent à ses yeux; l'une d'elles coula sur son visage, et, tombant dans le tonneau, le remplit soudain.


Il reconnut ainsi qu'on fait son bonheur en travaillant à celui des autres.








 

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MessagePosté le: Dim 21 Avr - 16:34 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Bien beau joli conte et pour Saint-Michel une découverte!  Fleurdeschamps!
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MessagePosté le: Lun 22 Avr - 14:03 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Gilles de Many, un Don Juan wallon  


A la crête d'un raidillon se dressent, dominant le village de Poulseur, les ruines d'un donjon médiéval.  
 
Celui-ci est assez bien conservé et à l'intérieur de ses murailles on voit encore l'emplacement de vastes cheminées et de placards. A l'un de ses pans s'accroche une logette garnie de mâchicoulis. Le mur d'enceinte dessine une cour irrégulière dans laquelle s'étendaient les communs. Mais ici quelques fenêtres, des meurtrières ne nous laissent qu'une vague idée de ce que pouvaient être les dépendances. Ces débris portent le nom de Tour des Choucas, à cause des oiseaux noirs qui y nichent et qui entourent le sommet d'un vol croassant. Mais cette appellation est d'origine récente et beaucoup d'indigènes la nomment encore la Tour des Quatre Fils Aymon.  
La tour de Poulseur actuellement
Les preux, contemporains de l'empereur à la barbe fleurie, sont populaires en Wallonie et l'on y rencontre maintes forteresses auxquelles la légende attribue la même origine. Aussi laissons ce souvenir lointain consacré par les récits des veillées. Ce château resta longtemps célèbre grâce à l'un de ses propriétaires, Gilles de Many, qui l'occupa au XVe siècle et dont la renommée fit longtemps en Wallonie, une sorte de rival de don Juan.

La tour de Poulseur dessiné par Numans
 Grand, beau, élégant, d'une vaillance à toute épreuve, le seigneur de Poulseur était l'honneur des tournois. Dès qu'il apparaissait bardé de fer, la lance au poing, toutes les mains battaient pour le saluer et nombreuses étaient les dames qui sentaient palpiter leur coeur pour le bel écuyer. Les hérauts, soufflant dans leurs buccins, donnaient le signal du combat. Les passes de Gilles étaient hardies. Il lui fallait peu de temps pour se rendre maître de son adversaire. Aussitôt retentissait la houle des acclamations. Comme s'il dédaignait les ovations de la foule, le vainqueur remerciait d'un geste, d'un sourire, et s'empressait de quitter l'arène. Il allait rendre ses devoirs à la châtelaine dont il venait de défendre les couleurs. Sorti des combats guerriers, il se consacrait à ceux de l'amour où il comptait autant de victoires.

Et les aventures de Gilles couraient le pays. Plus d'une jouvencelle s'endormait en rêvant au beau paladin dont on vantait les qualités de séducteur...

Et de Many sillonnait la région, allant de joute en joute, cueillant au passage les faveurs des belles. Que de regrets ne laissait-il pas sur son passage! Certes, toutes les femmes eussent voulu fixer auprès d'elles ce beau sire expert aux choses de la galanterie. Mais l'écuyer ne se laissait pas attendrir et, dès que le soleil déversait sur les campagnes des gerbes de lumière, il remontait en selle et chevauchait, comme dit le poète, vers d'autres cieux à d'autres amours.

Sa réputation était si répandue, que lorsqu'on parlait d'une dame âgée, d'une demoiselle grisonnante ou d'une vieille religieuse qui, dans sa jeunesse s'était laissé frapper par les flèches de Cupidon, le souvenir du célèbre amoureux chantait dans cette phrase : Dieu tasse Paix à Gilles de Many ce bon vieil écuyer.

Mais un jour, après un tournoi qui eut lieu au château de Rahier, Many se sentit pris d'une grande fatigue. Cette lutte, dont une fois encore il était sorti triomphant, l'avait anéanti. Aussi éprouva-t-il le besoin de se reposer une couple d'heures. Sitôt descendu de cheval, il gagna sa chambre et se jeta sur le lit. Il dormit d'un profond sommeil et s'éveilla à l'heure où le crépuscule donne aux paysages des contours imprécis. En s'étirant, il pensa aux motifs qui avaient pu déterminer cet abattement. Le combat avait peut-être duré un peu plus longtemps. Mais, dès le début de l'action, il ne s'était point senti en possession de son habituelle sûreté de main. Soudain il songea qu'il venait d'atteindre la cinquantaine. Les combats, l'amour l'avaient empêché de s'apercevoir de la fuite des années. Brusquement il rajusta sa toilette et s'arrêta devant un miroir pour jeter un dernier coup d'oeil sur sa tenue. Oh stupeur, sa chevelure brune était parsemée de fils d'argent. Il passa la main sur son front pour s'assurer qu'il ne rêvait pas.  
Vieille photo de la tour de Poulseur
Hélas! la glace ne mentait point. Il s'éloigna, secoué par un frisson nerveux. Il était au seuil de la vieillesse. Ses forces allaient décroître et chaque jour lui amènerait de nouvelles déceptions.

Il prit congé de ses hôtes, gagna la vallée de l'Amblève qu'il descendit au trot de son coursier. La nuit tiède était rafraîchie par une vapeur légère qui s'exhalait de la rivière.

Gilles se sentait las, très las. Son armure était trop lourde pour ses épaules, sa lance pesait à son bras. Il eût voulu se baigner dans le cristal de l'onde pour raffermir ses muscles. Mais on était au coeur de l'été et les eaux étaient très basses. Il attendit le coude de la Belle-Roche pour mettre son projet à exécution.

Arrivé en cet endroit, il attacha son cheval à une touffe de saules et se dévêtit. Que de fois, après une chaude journée, il s'était plongé la nuit dans la rivière, et comme il en sortait revigoré !

Il sauta à l'eau. Lorsqu'il fut au milieu du courant, il aperçut la Dame Blanche qui longeait la falaise: c'était une ravissante jouvencelle aux formes gracieuses, à la démarche si légère que son pied menu glissait sur l'eau sans même en rider la surface. Elle regardait le baigneur en lui souriant et en lui ouvrant les bras: de Many eut un sursaut de jeunesse et nagea avec plus de force vers la Belle des Belles. Plus il s'approchait du rocher, plus le courant devenait rapide. N'empêche que l'amoureux luttait avec une ardeur sans cesse renouvelée. A l'instant où il allait presser sur son coeur cette damoiselle dont la beauté l'avait subjugué, il se sentit happer par une force invisible et disparut sous l'eau. Le remous fatal l'avait emporté vers l'amour éternel.

Dieu fasse Paix à Gilles de Many, ce bon vieil écuyer.

Gilles de Many

Joyeuse effervescence au château "alle cruppe", au beau et grand château de Poulseur. - "Sire Gilles va bientôt rentrer !"
Sur ses terres, le seigneur de Rahier a organisé joutes et tournois. Gilles de Many y a participé. Comme d'habitude. Il ne rate aucun combat de chevalerie. Il reviendra vainqueur. Comme d'habitude !
Une galerie de son château abrite ses trophées: rubans et manches des dames dont il a défendu les couleurs; épées, boucliers d'honneur; heaumes, cimiers de parade. Gille de Many a toujours porté haut ses armes: vairé d'argent et d'azur au lambel à cinq pendants d'or.
Maints trouvères ont chanté sa gloire dans la chambre des dames.
Courtois et preux, Gilles de Many
Fort au combat, ardent au déduit,
Oncques ne vit plus brave que lui,
L'écuyer gentil.
........
Au nom de gente Dame Marie,
Au nom du Père, au nom du fils,
Qu'Esprit garde Gilles de Many
L'écuyer gentil.
Dans la chambre des dames, certaines sourient, d'autres soupirent. Chacune rêve de l'attacher à ses charmes. En vain.

Une troupe joyeuse chemine sur la route de Poulseur: sire Gilles, des amis, des valets.
- "Sacré Gilles, tu les as tous eus !"
- "Comme d'habitude !"
- "Tous et toutes !"
- "Comme d'habitude !"

Accueil enthousiaste au château. Des tables sont dressées dans la grande salle.
- "Mes amis, grâce pour votre bonne compagnie. C'est maintenant le moment de manger, de boire, de nous réjouir." Ils mangent, boivent, rient, se réjouissent. Rappellent les bons moments. Les bonnes frottées, écus fendus, bourrelets rompus, casque cabossés, lances éclatées, selles arrachées. Le temps suspendu où la victoire hésite. Les vivats de la foule. Le baiser de la châtelaine.
- "Tiens, où est sire Gilles ?"

Gilles s'est esquivé, il est seul dans sa chambre.
- "Que m'arrive-t-il ? Je n'ai jamais été si las ?"
Le chemin du retour a été de plus en plus pénible, le banquet interminable, les rires insupportables.
Il prend un miroir. Lui fait face un visage buriné. Ridé. Des fils blancs dans sa chevelure.
Le temps, le temps cruel qui navre les femmes. Le temps méchant qui détruit les hommes. Le temps, l'adversaire qu'il ne vaincra pas.
... "Vais-je devenir de ces anciens combattants qui racontent en bavotant leurs exploits passés à des jeunes qui baillent ? De ces amants qui demandent aux drogues la puissance d'aimer ?"
Gilles quitte le château sans être vu. Il descend jusqu'à l'Ourthe, se met à l'eau. Combien de fois, en joyeuse compagnie, n'a-t-il pas folâtré dans les trous d'eau, remonte le courant à la force des ses bras ? Il aborde les remous du confluent avec l'Amblève, le gouffre redouté de tous les mariniers. Draperies blanches, la Dame de Belle-Roche lui tend les bras, il s'y abandonne.
Nul n'a jamais revu Gilles de Many.

Le temps passe, le temps n'use pas le souvenir. Plus d'une vieille religieuse égrène son chapelet en soupirant. Que Dieu fasse merci à Gilles de Many. Plus d'une grand-mère, assise auprès du feu, dévidant et filant, chantonne: - "l'écuyer gentil."

 


 

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MessagePosté le: Mar 23 Avr - 22:59 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Okay    

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MessagePosté le: Mar 7 Mai - 04:58 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

La Dame Blanche du château de Hohenbourg(Alsace Bas-Rhin)   
 
 
 
Il y a longtemps de cela, la source du Maïdenbrunnen était vive, et généreuse en eau fraîche. Il y avait même un petit étang, où Hedvige, fille du seigneur de Hohenbourg, descendait parfois pour se refraîchir.


Mais un jour, un sanglier rendu furieux par une blessure de chasseur fonce dans les taillis et les près. Et, voyant une forme humaine, se retourne et assaille Hedvige. Par miracle Robert de Wegelnbourg, fils du seigneur du château voisin, jaillit d'un fourré, bande son arc et touche la bête qui s'enfuit.

Une idylle est née, à laquelle le père de Hedvige est farouchement opposé. Un jour, il surprend les amants et tue le jeune homme. Brisée de chagrin, Hedvige s'enferme dans sa chambre et se laisse mourir. Avec elle disparait toute la beauté du site. Les nénuphars qui fleurissaient sur l'étang se fanent aussitôt. L'herbe jaunie parfois de tristesse, et les fleurs n'osent plus se montrer au printemps. Seul quelques rares myosotis tentent de pousser sur les bords de l'ancien étang, qui chaque année s'appauvrit de son eau si claire.

On prétend que certaines nuits, quand la lune disparaît derrière des voiles de nuages, on peut discerner la silhouette d'une jeune femme vêtue de blanc, à la chevelure dense et noire qui descend, pieds nus, de la ruine du château de Hohenburg.Elle s'arrête près de la fontaine, écoute le murmure de l'eau et le bruissement du vent dans les arbres. Elle semble attendre son amant et certains prétendent qu'elle chante son amour.
Vers une heure du matin, elle part en pleurant et disparaît dans la sombre forêt.




  

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MessagePosté le: Mar 7 Mai - 20:23 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Sad   mais beau texte
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MessagePosté le: Mer 15 Mai - 17:21 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

chapelle de la Mere-de-Dieu dans la forêt de Jumieges  
 
 
 


Jadis, ces bois étaient une forêt royale. Pages, Philibert et saint Ouen y avaient chassés ensemble. La couronne avait fini par en concéder la majeure partie aux religieux, à savoir 600 hectares. Mais cette forêt de Jumièges était à l’origine bien plus vaste que l’on peut le penser, car les bois de Saint-Wandrille portaient également ce nom.

La chronique de de Fontenelle nous apprend qu’un verdier, autrement dit un garde de la forêt du roi, voulut occire un jour saint Wandrille. Cela se passa en 653. Soit quatre ans après la fondation du monastère du même nom. Dans l’enclos de son abbaye coulait la rivière de Caillouville. L’abbé et ses moines allèrent un jour en nettoyer la fontaine en rasant les ronces et les arbres inutiles. Quand surgit un dénommé Becto, garde des forêts du roi en pays de Caux et plus précisément de celle du Trait-Maulévrier, appelée voici peu encore forêt de Jumièges. Becto n’admet manifestement pas que ces bois aient été données par Clovis à Wandrille. Il court sus à Wandrille en voulant de le transpercer de sa lance. « Mais Dieu tantôt vengea l’injure, assurent les chroniqueurs de Fontenelle. Car la main droite qu’il avait levée contre le saint lui défaillit et sa lance se retrouva fichée en terre devant des pieds. » Puis Becto tomba soudain à la renverse et fut pris de convulsions démoniaques. Wandrille reconnût là la vengeance divine. Il resta auprès de ce possédé demi-vif tout le jour et la nuit suivante. Le lendemain, le voyant toujours ainsi, il adressa une oraison à Dieu en lui demandant de pardonner au justicier de Philibert son méfait et son péché. Et bien entendu, il fut restitué à la santé. En mémoire du miracle, Wandrille, en ce lieu, fit édifier l’année même une chapelle tout à l’honneur de la Vierge Marie. « Plusieurs miracles ont est depuis fais par les mérites et prières de ladite Vierge glorieuse… ». Voilà pour une première légende.

La chapelle est un petit bâtiment carré, sans clocher, qui présente des murs en moellons de schiste et de calcaire, et un toit en pavillon couvert de tuiles. La porte de bois, grillée, surmontée d'une lucarne, est encadrée par deux petits fenestrons en arcade. A l'intérieur se trouve l'autel avec sa statuette de la Vierge. Un tableau ex-voto maritime, intitulé "Notre Dame de Boulogne", est accroché au mur. Une dizaine d'ex-votos en plaques y sont également vissées. Toutes datent du début du XXe siècle où manifestement la Vierge fut en période de bonté. Une croix en pierre et fer forgé se trouve de l'autre coté du chemin, face à la chapelle.

Une autre légende court sur cette chapelle. Philibert s'en revenait un soir de Rouen où il avait rencontré le roi Dagobert. Il avait plaidé la cause de son abbaye et regagnait Jumièges épuisé, l'esprit tracassé. Après une chaude journée, l'air restait pesant, sans un souffle de vent. Philibert s'assit sur une souche au bord du chemin, et s'endort. Rêve-t-il quand lui apparaît le Christ, lumineux, assis sur la souche qui lui fait face et entouré de ses douze apôtres? Le Seigneur le réconforte, l'assure de sa protection et de celle de saint Eloi. Philibert regagna Jumièges le cœur allégé. Et comme de fait, ses entreprises s'attirèrent les largesses du roi. En reconnaissance, là où s'était tenue cette sainte assemblée, l'abbé revint en grande pompe à la tête de tout un peuple révérant. Le lieu où le Christ avait touché terre fut béni comme un lieu de prières. On y planta un chêne et tout autour douze autres. Bien plus tard, celui qui symbolise le Christ a grandi, superbe, protégé par le cercle de sa cour. Par un beau matin d'été, sur la fourche de ce chêne a deux têtes, un passant aperçoit une statuette de la Mère de Dieu. De Jumièges, le prêtre accourt et ramène le précieux objet en son église Saint Valentin. Stupéfaction, au matin, elle a disparu de son socle. L'affaire s'est ébruitée dans la presqu'île. On court vers le bois. La statue est retrouvée blottie dans son arbre. De nouveau le prêtre l'emporte et ferme cette fois son église à double tour. A nouveau, la Vierge est retrouvée au matin dans la fourche du chêne. Quand le curé s'en va conter l'affaire à l'abbaye, le prieur sourit de cette histoire. Ici, en l'église Saint-Pierre, la statue sera en lieu sûr. Mais, dans la nuit, une clarté inonde la cellule du prieur. Notre Dame lui apparaît. Le religieux se prosterne à ses pieds et la Vierge lui parle. Elle ne veut plus quitter le chêne de son fils et désire qu'un sanctuaire lui y soit fait. Le curé de Jumièges eut cette nuit-là la même vision. Alors, de bon matin, des moines outillés s'en allèrent en forêt où la statue avait retrouvé obstinément son fourchon. On la dépose, on scie le chêne a trois pieds du sol. Les religieux confectionnent des montants, des planches, des chevrons, des chevilles, une porte sur gonds et un autel sur la souche. On venait encore au XVIIIème siècle prier auprès de cette Vierge dans son oratoire vivant.

En 1767, quatre femmes du pays érigèrent l'édifice actuel à leurs frais. Les fidèles gardèrent la coutume de nouer les genêts du taillis pour y laisser leurs fièvres. Qui en dénouait les branches gagnait à coup sûr la maladie. Une autre superstition était attachée à ce lieu : si jamais on rêvait d'un être cher et disparu, c'est qu'il était prisonnier du Purgatoire. Pour l'en sortir, il lui fallait des prières et un singulier pèlerinage. La nuit, on allait déposer sur sa tombe un bâton blanc et ensuite, on allait à la chapelle en priant.  
 


 

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MessagePosté le: Mer 15 Mai - 17:26 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

  que de belles légendes !   Fleursdeschamps
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MessagePosté le: Jeu 16 Mai - 20:07 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

La rose pimprenelle
 
Bien et mal dans le temps balancent tout ensemble. Si l'on vous a fait mal, oubliez la vengeance : dans l'herbe sur la berge attendez le passage, flottant au gré des eaux, des restes du bourreau.
-o-O-o-  
Il était une fois un roi empreint d'un très vif sentiment de justice. Ainsi n'admettait-il pas le droit d'aînesse et se déclarait-il bien résolu à déroger à la tradition. Aussi, la reine lui ayant donné trois fils, était-il fort embarrassé pour le règlement de son héritage. Car il considérait par ailleurs sagement qu'il était hasardeux de diviser son royaume en trois parts, connaissant que de tels partages ont toujours de funestes conséquences.
-o-O-o-  
Un jour qu'il se promenait solitaire, en proie à une grande agitation en pensant à sa succession, le roi eut l'esprit traversé par une heureuse inspiration. De retour en son palais il fit rassembler ses trois fils sur le champ, et leur dit : "Celui qui rapportera la Rose Pimprenelle aura la couronne !" Déconcerté, chacun s'en fut de son côté.
Les princes errèrent ainsi à travers tout le continent, des bords de la Baltique aux marais d'Allemagne, des pics des Pyrénées jusqu'aux vallées des Alpes, et du port de Marseille aux côtes d'Armorique, où chacun espéra en vain découvrir la fleur au pied d'un dolmen ou d'un calvaire. Ils ressentaient tous trois, loin l'un de l'autre, un même découragement.
-o-O-o-  
Or il advint qu'ayant longtemps cheminé le destin les rassembla, pâles et en haillons, au sein d'une forêt noire et sauvage comme ils n'en avaient jamais vue. C'était la forêt d'Ardenne.Le premier rencontra une vieille femme, qui n'arrivait pas à porter son fagot. La vieille lui dit : "Où vas-tu beau garçon ? Tu as l'air bien pressé." "Laisse-moi passer, vieille femme !" lui répondit-il méchamment. "Ah, je vois que tu es à la recherche de la Rose Pimprenelle. Eh bien, tu auras beau faire : même si tu la cherches partout, tu ne la trouveras pas !"Un peu plus tard, le deuxième fils rencontra la même vieille dame qui lui dit : "Beau garçon, veux-tu m'aider à mettre ce fagot sur mon dos ?" "Passe ton chemin vieille sorcière, j'ai autre chose à faire !" grogna-t-il. "Ah, je vois que tu es à la recherche de la Rose Pimprenelle. Eh bien, tu auras beau faire : même si tu la cherches partout, tu ne la trouveras pas !"

-o-O-o-  
A son tour, le troisième fils rencontra la vieille femme qui l'interpella de même : "Beau garçon, veux-tu m'aider à mettre ce fagot sur mon dos ?" "Mais bien sûr grand-mère. Et je vais même le porter jusqu'en votre maison : ce fagot est bien trop lourd pour vos épaules !" dit le jeune homme. "Ah, je vois que tu es à la recherche de la Rose Pimprenelle ?" "Oui, répondit-il évasivement, mais la forêt est si grande..." "Et bien je vais te renseigner. Car vois-tu je suis une fée, et j'ai pris ce déguisement pour t'éprouver. Toi seul m'as répondu gentiment, tu es bon, je vais donc te récompenser. Va dans cette direction ; près du gros chêne, au plus profond de la forêt, tu trouveras un tas de broussailles et dessous, au beau milieu, tu verras trois roses : une verte, une rouge et une blanche. Prends la blanche. C'est elle, la Rose Pimprenelle !"
-o-O-o-  
Le jeune homme remercia la vieille dame et suivît son conseil. Bientôt, il poussa un cri de triomphe, et arbora fièrement la Rose Pimprenelle. Confiant, il rejoignit ses frères, tout heureux d'avoir trouvé la fameuse fleur. Mais les deux autres, jaloux, le tuèrent et enfouirent son corps sous l'humus avant de rejoindre le château.
Le roi était marri. A qui devait-il donner sa couronne ? Et, surtout, où était son plus jeune fils, celui qu'il chérissait entre tous ?Quelques temps passèrent. Le plus jeune garçon n'avait toujours pas reparu au château, où le roi s'étiolait.

-o-O-o-  
Un jour, un jeune berger prénommé Pierre passa dans la forêt avec son troupeau de moutons à l'endroit où les deux malfaisants avaient caché le corps de leur frère. Il vit quelque chose de blanc, qui ressemblait à un petit bâton sortant de terre. C'était un os. Il se dit qu'il pourrait en faire une flûte, et il y perça des trous.Quelle ne fut pas sa surprise quand, soufflant aussitôt dans sa flûte improvisée et au lieu d'une mélodie, il en sortit ces paroles : " Sifflez, sifflez petit Pierre. Dans la forêt d'Ardenne, mes frères m'y ont tué. La rose Pimprenelle n'avais-je point trouvée ? La couronne à mon père n'avais-je pas gagnée ? "
-o-O-o-  
Petit Pierre s'en fût à la cour, montrer son étrange trouvaille. Là, il joua de son instrument et les mêmes paroles en sortirent.Entendant cela, le cuisinier du château alla prévenir le roi. Petit Pierre lui raconta son aventure et lui tendit la flûte. Dès que le roi souffla dedans, il entendit : " Sifflez, sifflez mon père. Dans la forêt d'Ardenne, mes frères m'y ont tué. La rosé Pimprenelle n'avais-je point trouvée ? La couronne à mon père n'avais-je pas gagnée ? "Entendant ces paroles, le roi fit appeler ses deux fils, leur tendit la flûte et leur demanda d'en jouer. Dès qu'ils soufflèrent dedans on entendit : " Sifflez, sifflez grands traites. Dans la forêt d'Ardenne, vous m'y avez tué. La rosé Pimprenelle n'avais-je point trouvée ? La couronne à mon père n'avais-je pas gagnée ? "
Alors le roi chassa les deux aînés à jamais du royaume, et toute la cour s'en fut en la forêt d'Ardenne où le roi demanda au jeune berger de le conduire où il avait trouvé l'os. Ils arrivèrent près du tas de broussailles. Là attendait la fée, qui par son pouvoir magique rendit la vie au jeune prince.

Celui-ci hérita du royaume, sur lequel il régna avec bienveillance et justice. Quelque temps plus tard il épousa Aurore, la fée de la forêt. Faut-il préciser qu'ils vécurent heureux, et eurent beaucoup d'enfants ? La flûte, en tous les cas, ne parla plus jamais, agrémentant alors les veillées au château quand Pierre y venait voir son vieil ami le prince.

 

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MessagePosté le: Jeu 16 Mai - 22:46 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

 tres jolie légende Claudine,   
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MessagePosté le: Mer 19 Juin - 06:39 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Le songe de Rollon 
 
 
 
Toute la flotte de Rollon demeurait arrêtée sur les côtes de l’Angleterre, parce que ce prince était encore indécis s’il devait tenter ou non une descente en France, lorsqu’il eut, au dire des anciens chroniqueurs, un songe merveilleux qui décida de sa destinée. 
 
 Il rêva qu’il voyait en France une superbe et verdoyante montagne, d’où s’échappait une source dont le limpide bouillonnement et les tièdes vapeurs l’invitaient à s’y plonger. En même temps, Rollon crut s’apercevoir que son corps était déshonoré par une lèpre hideuse ; mais, s’étant précipité dans les eaux pures de la fontaine, il se trouva subitement guéri. Il vit ensuite une multitude d’oiseaux d’espèces variées et séduisantes, se distinguant par la couleur d’un brillant plumage : vert, jaune, rouge, bleu, violet, pers et noir. Tous ces oiseaux vinrent s’ébattre dans la fontaine, et, après s’être baignés délicieusement dans ses ondes, ils firent festin d’une viande exquise, dont chacun d’eux prit sa part avec empressement. Alors, ils se dispersèrent sur toute la montagne, et cherchèrent à se construire des nids. Rollon, ayant tenté de diriger leurs efforts, reconnut avec joie et surprise qu’ils lui obéissaient ponctuellement.  
 
A son réveil, le chef des Normands raconta à toute sa suite l’agréable vision qui l’avait occupé la nuit entière, mais il ne trouve personne, même parmi ses scaldes et devins, qui pût la lui expliquer. C’est que les lueurs trompeuses de leurs superstitions ne leur permettaient pas de saisir une révélation divine. 
 
 Cependant, un Anglais, inspiré par l’Esprit saint, s’offrit à lui donner l’interprétation désirée : « La Montagne, dit-il, figure l’église chrétienne ; la fontaine représente le baptême et les saintes onctions par lesquelles vous serez purifié ; la lèpre, la tache ignominieuse du péché ; les oiseaux aux ailes éclatantes de couleurs diverses, qui se sont baignés à votre suite, ne sont autres que vos guerriers qui, devenus chrétiens à leur tour, communieront d’une même foi avec les peuples que vous aurez conquis, les aiderons à reconstruire les églises et les monastères abattus et dévastés, et, en un mot, se transformeront en preux chevaliers, dont l’origine se distinguera aux riches couleurs de leurs écus blasonnés, et qui viendront vous rendre hommage comme leur suzerain. » 
  
Quand Rollon eut entendu l’explication d’un songe qui lui annonçait tant de gloire, il délivra tous les prisonniers anglais, et les renvoya comblés de présents au roi Alfred, afin d’obtenir la paix jusqu’au printemps prochain, époque à laquelle il se promettait d’abandonner l’Angleterre, pour voguer vers les rivages de France. 
 
 

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