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contes et légendes
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fleurdeschamps



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MessagePosté le: Mar 17 Sep - 05:14 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Revue du message précédent :

 
 
 
La Rose d"Argent (Alsace)   
 
   
 
   
 
   
 
   
 
   
 
   
 
   
  Au coeur des montagnes vosgiennes de Sainte Marie aux mines, vivait un peuple entier de nains. Ces derniers avaient bâti une cité souterraine d’une beauté éblouissante. Cette ville de cristal et d’argent était une Porte permanente entre les deux mondes. Les nains creusaient la terre et côtoyaient les hommes à qui ils apprenaient les arts de la mine, de la forge et de l’orfèvrerie.  
Mais malgré la bonne entente entre humains et nains, le scepticisme et la méfiance commencèrent à grandir dans le coeur des hommes. Les disputes, les conflits et les jalousies se multiplièrent.
  
Or, il advint qu’un jour, le Roi des Silberzwergen sortit de la montagne pour contempler le clair de lune du monde des humains. Près d’un ruisseau, il aperçut une jeune femme qui était la fille d’un riche mineur et qui venait à peine de sortir du cloître où des nonnes l’avaient élevée.
  
La jeune demoiselle était d’une radieuse beauté et le roi des Nains en tomba éperdument amoureux. Il se révéla à elle pour lui confier son amour mais celle-ci fut effrayée de voir ce petit être informe, croyant avoir devant elle un de ces démons dont les bonnes soeurs lui avaient parlé. Elle s’enfuit sans dire un mot.
Le Roi des Nains était pris d’une grande passion pour la demoiselle. Il tenta à maintes reprises de la séduire, la couvrant de cadeaux magnifiques. Mais celle-ci, terrorisée, s’enfuyait toujours.
  
Fou d’amour, le Roi des nains ne savait plus quoi faire. Il finit par offrir à la jeune femme le plus merveilleux trésor qu’il possédait : la Rose d’Argent. C’était un objet unique et d’un grand pouvoir, fabriqué par les Anciens et la Déesse de la Lune. La Rose reposait au coeur de la cité souterraine et c’était elle qui reliait les deux mondes en permanence grâce à sa magie. Mais une nouvelle fois, la jeune fille refusa les avances du nain. Elle s’enfuit en criant des paroles blessantes au roi qui lui tendait la Rose dans un geste de supplication.
  
En chemin, elle eut un terrible accident : elle trébucha sur la racine d’un arbre dans l’obscurité de la nuit et tomba dans la rivière. Ne sachant pas nager, elle se noya.
  
Le roi des nains éprouva un immense chagrin après avoir appris la noyade de la jeune fille. Il retourna dans la montagne et fit écrouler toutes les galeries des mines derrière lui. De part ses pouvoirs magiques, les mineurs de la Vallée de Sainte Marie aux mines ne parvinrent plus jamais à découvrir les filons d’argent ou d’or qui circulaient sous la montagne. Le roi, toujours malheureux, prit la Rose magique et partit au loin, dans les régions à l’est du Waldwelt.
  
Cet épisode malheureux eut de grandes répercussions dans le Waldwelt : en l’apprenant, ses habitants sentirent qu’il n’était plus possible d’entretenir des relations avec les humains si ceux-ci les fuyaient. Partout, fées, elfes, nains, lutins disparurent peu à peu et ne laissèrent leurs empreintes qu’à travers les légendes et les contes de toute sorte.
  
Le roi des Nains quant à lui parvint dans son pays natal, dans les montagnes qui surplombaient le château de La Licorne et la Forêt des Ténèbres. Là, il fit cadeau de la Rose à la Dame à la Licorne et cette reine des Elfes accepta la garde du trésor qu’elle jeta dans le puit profond de sa demeure. Le nain malheureux partit retrouver ses chères montagnes et mourut de chagrin…


 
   
 
   
 
  
  
   
 
  
     
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MessagePosté le: Mar 17 Sep - 05:14 (2013)    Sujet du message: Publicité

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claudine
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MessagePosté le: Mar 17 Sep - 11:04 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

Crying or Very sad  pauvre roi... c'est près de Sainte-Marie-aux-Mines que nous logeons quand on part en Alsace , je regarderai les paysages avec un autre oeil
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fleurdeschamps
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MessagePosté le: Sam 12 Oct - 05:57 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

 
 
 
 
 
 
La légende de la Chambre des Demoiselles à Etretat        
 
        
       
       
 
      
 
      
  La grande falaise blanche d’Etretat tombe à pic sur la mer ; la crête gazonnée domine d’une centaine de mètres les galets et les mas de cailloux qui s’étalent à son pied sur le rivage. 
La nuit est proche. Le vent se lève. La mer mugit. Les nuées livides passent dans le ciel sombre. Par instants, la lune se montre dans une éclaircie. 
Deux pêcheurs attardés s’en reviennent à la ville, sur le sentier qui, là-haut, longe le bord de la falaise. 
L’endroit est lugubre et solitaire. Soudain, des gémissements se font entendre. Les deux pêcheurs s’arrêtent et regardent autour d’eux. A quelques pas, dans un vallonnement, trois formes blanches se dressent , éclairées par la lune blafarde ; elles lèvent leurs bras au ciel dans un geste de supplication ; leurs longs cheveux dénoués flottent épars sur leurs épaules ; elles sanglotent, et les larmes ruissellent sur leurs visages. 
« Les Demoiselles ! Ce sont les Demoiselles ! » crient les pêcheurs effrayés. « Prions pour elles ! » Ils font un grand signe de croix, pressent le pas, et murmurent une courte prière, tandis que la lune se cache à nouveau derrière les nuées, et que les fantômes des trois jeunes filles s’estompent, s’atténuent, et disparaissent dans la brume ...
Voici, maintenant, à peu près, ce qui se passa, il y a longtemps , en cet endroit même. 
Maître Jolivet, un brave marchand d’Etretat, avait trois filles, Eléonor, Jacinthe et Catherinette, connues à dix lieux à la ronde pour leur grâce et leur joliesse. 
Leurs fiancés, trois jeunes hommes du voisinage, étaient soldats et partis pour la guerre. Dès leur retour qui ne pouvait tarder, le triple mariage devait avoir lieu. 
Or, un riche seigneur du Pays de Caux, le Baron de Fréfossé, avait remarqué les trois sœurs. Soudard, brutal et violent, il n’admettait aucune résistance à sa volonté. La fantaisie lui était venue de prendre les jeunes filles à son service ; il ne voulait ; disait-il, avoir près de lui, pour tenir sa maison et servir la Baronne, que des visages frais et rieurs. Mais, Catherinette, Eléonor et Jacinthe connaissaient l’humeur méchante et les terribles colères du Baron de Fréfossé, et, voulant rester libres, elles avaient refusé, à plusieurs reprises, d’accepter ses propositions. 
Furieux de cette résistance inattendue, le châtelain s’était juré d’amener les trois sœurs dans son manoir, et d’employer la force s’il le fallait : en ce temps là, contre la volonté d’un puissant seigneur, les gens du peuple n’avaient guère de recours. 
Par un soir d’été, elles se promenaient sur la crête des falaises, tendrement enlacées, et devisant gaiement. Elles s’étaient écartées, imprudemment, de tout lieu habité. Comme elles descendaient dans un vallonnement plus sombre, une grande ombre à cheval surgit devant elles. C’était le Baron redouté, suivi d’un fidèle serviteur. 
« Ah ! mes belles, cria-t-il, je vous tiens ! Vous ne m’échapperez pas ! En croupe, et suivez-nous ! » 
Les trois demoiselles, à sa vue, poussent un cri d’épouvante, et prennent la fuite. 
Près de là s’ouvre un sentier abrupt, qui dévale vers un ravin, puis vers la mer. Elles s’y engagent, au risque d’être précipitées dans les flots, qui déferlent à trois cent pieds au-dessous d’elles. Elles descendent de roc en roc, se soutenant aux aspérités. Le seigneur a mis pied à terre et les suit, mais il est lourd et gros et ne peut les rejoindre. 
Oh bonheur ! Derrière une roche pointue, presque au sommet d’une sorte d’aiguille de pierre, les trois fugitives aperçoivent par hasard une crevasse très étroite. 
« Cachons-nous là ! » disent-elles. Et, résolument, elles se glissent dans l’étroite ouverture, juste assez large pour qu’elles y pénètrent. Elles se trouvent à l’intérieur d’une toute petite grotte, où elles ont de la peine à se tenir debout. 
Elles entendent le seigneur qui continue ses recherches : plusieurs fois il passe sans la voir devant l’entrée de la grotte. Il jure, il appelle, il menace ... Personne ne lui répond. Fatigué, et pris de vertige devant le précipice qui, béant, s’ouvre devant lui, il remonte sur le plateau. 
Les trois sœurs, hélas ! n’étaient point sauvées. La nuit se passa ; au matin, elles essayèrent de sortir de leur abri, mais, ô douleur ! elles virent avec effroi que la porte était murée. Un éboulement s’était produit, sans doute, comme cela est fréquent dans ces rocs calcaires ; à la grotte il n’y avait plus aucune issue ! 
Les captives demeurèrent en ce lieu trois nuits et trois jours. On les chercha, mais sans succès. Le soir du troisième jour, une vielle femme qui ramassait des coquillages sur le grève vit s’élever du haut de la falaise trois blanches colombes ; c’étaient les âmes des trois sœurs qui s’envolaient vers le ciel.
Longtemps après, de hardis chasseurs découvrirent la fracture du rocher. Ils enlevèrent les pierres qui l’encombraient , et, munis d’une lanterne, explorèrent l’intérieur. Là, sur le sol recouvert de sable, ils trouvèrent les restes des trois jeunes filles, mortes de faim, de fatigue et de douleur.
Aussi longtemps qu’il vécut, le Baron de Fréfossé eut le remord du malheur qu’il avait causé. Continuellement d’ailleurs il fut poursuivi par les fantômes de ses innocentes victimes. Jour et nuit, elles lui apparaissaient. Qu’il fût en promenade dans les champs, à la chasse dans les bois, ou qu’il traversât les grandes salles du château, elles surgissaient près de lui, et l’accompagnaient, muettes et vengeresses. 
Aujourd’hui, la grotte tragique existe toujours : on l’appelle la chambre des Demoiselles. Et parfois, dit-on, les soirs de brouillard, Catherinette, Eléonor et Jacinthe reviennent encore, tout de blanc vêtues, implorer la pitié et la prière des âmes compatissantes.

     
     
     
     
     
     
     
     
    Le Trou à l'Homme (Etretat)     
     
         
     
         
     
        
     
    Est  accessible à marée basse le Trou à l'homme, grotte percée au pied de la porte d’Aval. La légende du Trou à l’homme raconte qu'en 1792 eut lieu une terrible tempête. Un navire suédois fut pris dans la tempête et vint se briser contre les falaises d'Etretat. La tempête dura 24 heures et les cadavres des pauvres naufragés s'échouèrent sur la grève. Mais dans la grotte, au fond sur le rebord du roc gisait un matelot, que l'on crut mort et qui fut transporté pour rejoindre ses camarades dans une sépulture. L'homme se réveilla alors et raconta qu'il avait beaucoup lutté contre les vagues avant de recommander son âme à Dieu et s'évanouir. Une vague vint alors le jeter sur une saillie du rocher, ce qui le sauva des flots. Depuis, la grotte porte le nom du "trou de l'homme". Un tunnel, percé en 1920, part du Trou à l’homme et débouche sur la plage de Jambourg. 
      
     
          
     
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    MessagePosté le: Sam 12 Oct - 11:40 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

    très jolie légende mais triste Sad   Fleurdeschamps
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    MessagePosté le: Jeu 14 Nov - 06:45 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

    Le Trou Baligan  (50 Manche)













    La construction de la centrale nucléaire de Flamanville, à partir de 1977, eut pour conséquence la disparition du Trou Baligan. Cette grotte célèbre, située entre les anses de Biédal et de La Cabotière, était associée à une légende mettant en scène le saint patron de la commune, Germain le Scot, encore dénommé saint Germain à / de la Rouelle ou saint Germain de la Mer. Deux versions de la légende sont connues, une d’origine médiévale et une autre du XIXe siècle. 
     

     
     

     
     

     
     
    La légende médiévale 
     

    Entrée du Trou Baligan (Photographie ancienne)
     
     
     
    Le récit primitif de la vie de saint Germain le Scot a probablement été rédigé au Xe siècle ou au XIe siècle. Il nous est parvenu grâce à des copies réalisées au XVIIe siècle.Saint Germain d’Auxerre fut envoyé par Rome combattre l’hérésie pélagienne dans les îles britanniques. Lors de l’un de ses deux voyages, réalisés en 429 et en 445, il convertit un prince scot (peuple installé depuis l’Antiquité en Irlande et qui s’imposa à partir du Ve siècle, aux dépens des Pictes, en Calédonie, pays auquel il donna son nom : l’Écosse ou Scotland) et sa femme, nommés Audinus et Aquila. Il devint aussi le parrain de leur jeune garçon, qui prit alors son prénom. Devenu adulte et influencé par l’exemple de son parrain, le jeune Germain fut ordonné prêtre et décida de rejoindre sur le continent celui qui lui servait d’exemple. Comme il ne trouvait pas d’embarcation pour traverser la Manche, Germain pria Dieu de lui venir en aide. Une rota plaustri, une roue de chariot, apparut alors sur les flots et l’emporta sur les rives du Cotentin. 
     
    Ceux qui le virent arriver assis sur sa roue furent très étonnés : ils le prenaient pour un mage, voire pour Neptune lui-même. La nouvelle de cet événement attira une grande foule, auprès de laquelle Germain se mit à prêcher. Le juge de l’endroit poursuivit cependant ses accusations contre le prêtre ; mal lui en prit, car Dieu lui fit subir le même sort qu’Arius, le pauvre homme se vida de ses entrailles et mourut. Le préfet local, impressionné par ce premier miracle, avertit alors Germain qu’un dragon à sept têtes ravageait le pays et lui demanda d’intervenir. Un enfant qui s’était enfui de chez ses parents venait juste de mourir, victime du souffle pestilentiel de la bête. Germain se dirigea donc vers le repaire du dragon, prenant soin au passage de ressusciter le jeune garçon. À l’approche du saint, le monstre devint incapable de réagir ; il laissa Germain lui passer son étole autour du cou et il le suivit, docile, jusqu’à une citerne où il fut jeté et qui fut ensuite obturée. La foule loua le prêtre pour ces miracles et cette délivrance, et le préfet Maximien se fit baptiser avec six cents soldats. 
     
    Cette légende est attestée en divers points de la côte occidentale du Cotentin, à Flamanville, Carteret et Saint-Germain-sur-Ay. Il est probable qu’elle a également concerné Querqueville, dont l’église primitive est dédiée à saint Germain le Scot. 
     

     
     

     
     

     
     

     
     



    La légende moderne 
     

     
     

     
     

    Le trou Baligan, carte postale ancienne
     

     
    Texte rédigé en 1883 par Jean Fleury dans son ouvrage Littérature orale de la Basse-Normandie. 

     
    D’emblée, Fleury situe la légende dans une grotte qu’il prend soin de décrire, leTrou Baligan : 

     
     
    Un serpent, un véritable monstre, s’était établi autrefois dans cette caverne, dont il sortait de temps en temps pour faire une excursion sur la côte et s’emparer de tous les enfants qu’il trouvait sur son chemin ; il les emportait dans son antre pour les dévorer, et quand il les avait digérés, il se mettait en quête d’une nouvelle proie. Ces excursions se renouvelaient à peu près toutes les semaines ; la bête parcourait les hameaux et brisait au besoin les portes et les clôtures pour s’emparer d’une proie à sa fantaisie. Les habitants désespérés se décidèrent à faire sa part au monstre et chaque semaine on lui abandonnait un enfant désigné par le sort. 
     
    Tout le pays était dans la désolation. On s’était naturellement adressé à saint Georges, le destructeur de monstres, vénéré dans plusieurs paroisses du pays qui portent son nom, mais saint Georges était demeuré sourd. 
     
    Un matin, on venait d’amener un enfant au serpent, et l’on s’apprêtait à le lui abandonner, lorsque l’attention de tous fut attirée par un objet singulier. Sur la mer, qui était alors calme et unie, on voyait un homme se tenir debout, une crosse d’évêque à la main, une mitre sur la tête, et une grande chape sur le dos ; il ne marchait pas, il semblait glisser : à mesure qu’il approchait on s’aperçut qu’il était porté sur une rouelle de charrue. C’était saint Germain-la-Rouelle. La mer était haute, le saint aborda en face du Trou Baligan, et marcha droit au serpent. Celui-ci recula et fit un mouvement pour rentrer dans son antre où sa queue était restée comme celle de certains mollusques lorsqu’ils sortent à demi de leurs coquilles. Le saint lui barra le passage, et lui porta un coup de sa crosse ; l’animal se tordit à ce contact, fit quelques mouvements convulsifs, puis resta immobile et s’incrusta dans un bloc de granit, où on a pu le voir jusqu’au commencement du XIXème siècle. 
     
     
     
    Le récit de Fleury est d’évidence marqué par une influence de la mythologie et de l’histoire antiques. La délimitation de l’emprise de l’église n’est pas sans évoquer la fondation de Rome et celle de Carthage, le tribut au serpent rappelle celui accordé au Minotaure… Il se distingue également du récit médiéval à plusieurs reprises. Le dragon est ainsi devenu un serpent, mais il est vrai que le dragon est souvent interprété comme un serpent fabuleux. Germain n’est un plus un simple prêtre mais un évêque régionnaire, qu’il ne devint d’après sa vita médiévale que plus tard. Le dragon n’est plus précipité dans une citerne, il est pétrifié dans la paroi de la grotte. Enfin, les faits sont clairement localisés et nommés : Flamanville est cité, de même que le nom de la partie littorale de la paroisse, qui est aussi celui de la rivière, Diélette, et surtout la grotte qui servait d’antre au dragon, le Trou Baligan. 
     



     
     
     
     
     
       

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    MessagePosté le: Jeu 14 Nov - 13:56 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

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    MessagePosté le: Jeu 19 Déc - 07:22 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

    La légende de la fée du Lac

      
     
     
    (légende de Noël)
     
     
     
     
     
     
      
     
     
    ... Il était une fois, il y a bien longtemps, un joli petit village situé sur une presqu'île au large de Duingt, sur les rives du Lac d'Annecy. Là, dans ce village, les gens menaient une vie simple et heureuse : les hommes cultivaient la terre, allaient à la chasse et à la pêche, plantaient leur vigne, faisaient leur vin ; quant aux femmes, elles élevaient les enfants en soignant les bêtes et faisaient marcher leur langue, comme il se doit... 
     
     
    Par un beau soir de la Noël, alors que chacun dans les maisons se prépare pour la  messe de minuit et apprête la collation du retour, voici que, venant de la montagne toute proche, le Semnoz, apparaît dans la neige qui recouvre la campagne, un étrange équipage : une pauvre vieille toute pliée en deux sur son bâton noueux, accompagnée d'un vieux chien pelé, baveux, galeux. Dans la bise, ils se hâtent vers le village, malgré les éléments déchaînés. 
     
      
     
    La pauvre vieille pensait qu'il lui serait facile de trouver un asile pour la nuit et la voilà qui arrive à la première maison du village. Dans le pèle (la cuisine), la maîtresse de maison roule la pâte des rissoles, les bras enfarinés jusqu'aux coudes. La vieille toque à la porte et la maîtresse de maison d'ouvrir : 
     
    - Holà, la vieille, que faites-vous à cette heure ? Les gens honnêtes ne courent pas les chemins le soir de la Noël ! 
     
    - Hélas, ma bonne dame, je voudrais juste un quignon de pain et un coin de grange pour moi et mon chien ; nous venons du Semnoz et nous sommes fourbus par cette bourrasque... 
     
    - Holà ! Passez votre chemin, il n'y pas de place pour vous ici ! 
     
      
     
    Et voilà la pauvre vieille repartie plus loin, toute pliée en deux sur son bâton noueux, accompagnée de son chien pelé, baveux, galeux. Et, à la maison suivante, c'est le maître de maison qui remonte de la cave, chargé d'un beau jambon fumé et de bonnes bouteilles qui accompagneront la collation du retour de la messe de minuit et qui la renvoie aussi rudement. La vieille et son chien repartent encore plus loin. 
     
      
     
    De maison en maison, tous la renvoient. Même les enfants qui fourbissent les lanternes pour se rendre à l'église, la chassent à leur tour. Partout la mendiante est éconduite et renvoyée sans un regard de pitié, ni un mot de consolation. Lorsque la dernière porte du village se referme sur elle, la pauvre vieille reprend le chemin de la montagne, accompagnée de son vieux chien, pelé, baveux, galeux, en dépit de la bise et de la neige. 
     
      
     
    Cheminant dans la tourmente, la vieille atteint bientôt la crête du Semnoz. Au loin, tout près de l'étendue scintillante du lac d'Annecy, le village apparaît minuscule. Et déjà, sortant des maisons, les familles joyeuses s'acheminent vers l'église qui accueille les premiers paroissiens, tandis que du clocher s'égrènent les douze coups de minuit. 
     
     
    Mais, là-haut dans la montagne, s'opère tout à coup une étrange métamorphose  : la pauvre vieille se transforme soudain en une magnifique jeune femme, vêtue d'un manteau d'hermine et le pauvre chien pelé, baveux, galeux devient une splendide bête puissante. Et la Fée du Lac, car c'était elle, se retourne vers le village en criant : 
     
    - Gens méchants, soyez punis comme vous le méritez ! 
     
      
     
    Aussitôt, il se produit un énorme cataclysme, un gigantesque raz-de-marée, qui gonfle les flots, puis les creuse en gouffre où disparaît le village, aspiré dans les sombres profondeurs. Quelques instants plus tard, le lac recouvre à nouveau de ses flots paisibles ce qui avait été un village heureux... 
     
      
     
    Si un soir de la Noël, vous passez au large de Duingt, vers la minuit, arrêtez-vous au bord du lac et écoutez... Vous entendrez quelque part, venant de l'onde, sonner les douze coups d'une cloche lointaine. C'est la plainte éternelle et désespérée du village englouti. 
     
      
     
       

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    MessagePosté le: Jeu 19 Déc - 13:20 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

    Encore un beau conte dont on tire une bonne leçon ,  Fleurdeschamps, moi, je ne trouve rien pour le moment Sad
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    MessagePosté le: Sam 21 Déc - 09:07 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

    Légende des guirlandes du sapin de Noël : 

     

     
    La légende raconte qu'il y a très longtemps en Allemagne, une maman s'affairait à préparer les décorations de Noël; l'arbre était dressé, la maison nettoyée et les araignées chassées. Le soir, le calme et la sérénité revenus, les araignées revinrent et découvrirent le sapin, elles entreprirent aussitôt l'assaut de l'arbre, le recouvrant de leurs toiles grises et poussiéreuses. 
    Lors de l'arrivée du Père Noël pour la distribution des cadeaux, il fut ravi de découvrir les araignées heureuses et satisfaites de leur travail de décoration du sapin, mais il ne pu s'empêcher de penser à la tristesse de la mère qui allait retrouver son arbre décoré de toiles.[*]
     
    [*]

    C'est pourquoi, pour satisfaire tout le monde le Père Noël transforma la décoration de fils grisâtres en fils d'or et d'argent. L'arbre de Noël se mit alors à scintiller et à briller de tous ses feux ! 


    C'est pour cette raison que depuis, les décorations de nos sapins de Noël sont constituées de belles et brillantes guirlandes. 


    C'est aussi pour cette raison, que la légende dit qu'il faudrait toujours glisser, au milieu des branches de nos arbres de noël, de gentilles petites araignées. 






    Légende de l'arbre de Noël : 


    Il était un fois, en Allemagne, il y a très longtemps, un bûcheron. En rentrant chez lui, par une nuit d'hiver claire mais glaciale, l'homme fut ébahi par le merveilleux spectacle des étoiles qui brillaient à travers les branches d'un sapin recouvert de neige et de glace.

    Pour expliquer à sa femme la beauté de ce qu'il venait de voir, le bûcheron coupa un petit sapin, l'apporta chez lui, et le couvrit de petites bougies allumées et de rubans. 

    Les petites bougies ressemblaient aux étoiles qu'il avait vues briller, et les rubans, à la neige et aux glaçons qui pendaient des branches.

    Des gens virent l'arbre et s'en émerveillèrent tant, surtout les enfants, que bientôt chaque maison eut son arbre de Noël. 
     
     
     
     
     
     
     

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    MessagePosté le: Sam 21 Déc - 13:56 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

    très très joli tout ça,  Fleurdeschamps
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    Mathilde
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    MessagePosté le: Sam 21 Déc - 18:15 (2013)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

    J'adore, j'ai vraiment appris quelque chose merci Fleurdeschamps bisous

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    claudine
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    MessagePosté le: Dim 26 Jan - 15:22 (2014)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

    Le lièvre et le moine



    Je ne sais pourquoi, les histoires de sorciers et de sorcières sont particulièrement nombreuses dans la tradition de l'Ardenne méridionale. Celle-ci se passe sur une colline d'Ardenne française où quelques moines avaient installé un petit couvent appelé Sainte-Marie-du-Mont. 
     
    Leur pieuse présence et leur prédication dérangeaient fort un vieux sorcier vivant dans une caverne des environs. Ce nécromant terrorisait depuis longtemps, par ses maléfices, les villageois de la région. Il s'était juré de faire fuir les cénobites dont la sainte influence combattait la sienne et les vieilles superstitions païennes. 
     
    Le sorcier se mit donc à tourmenter, de toutes les manières, les pauvres moines. Il envoya des ouragans arracher le toit d'ardoises de leur humble cloître, déraciner des arbres de leur verger. Il dépêcha des rats pour dérober leurs provisions, fit tomber des trombes d'eau pour noyer leur potager. Mais les religieux tinrent bon, alors que, seule, la croix de leur chapelle résistait aux calamités et aux tornades. 
     
    Pourtant, sachant que la résistance humaine a des limites, le supérieur de la petite communauté fit une neuvaine de prières pour que ses compagnons soient épargnés. Il fut exaucé, et, dès lors, seul en butte aux tracasseries du sorcier. Celui-ci prit l'habitude de venir, sous la forme-d'un chat, d'une chauve-souris ou d'un lièvre, le déranger dans ses oraisons. Il se plaisait surtout sous cette dernière apparence, semant le désordre parmi les livres de prières, cassant les carreaux et menant grand tapage par ses sarabandes. 
     
    Toute patience a ses limites. Un jour, le supérieur décida de jouer un tour à son ennemi. Il disposa un collet de braconnier dans l'ouverture de la petite fenêtre que le sorcier-lièvre traversait pour venir faire ses sabbats dans la cellule. Tout nécromant qu'il était, l'animal endiablé, trop sûr de lui, tomba dans le piège. Pendant qu'il s'y débattait, le moine prit un couteau et lui coupa une patte. Le lièvre s'enfuit en boitillant, et l'on ne revit jamais le sorcier, car lorsqu'un homme se métamorphose en animal, et que cet animal est amputé d'un membre, il ne peut revenir à sa forme humaine que si le membre repousse. Hélas pour lui, le nécromant n'était pas un assez grand sorcier pour avoir ce pouvoir-là. 
     
    Quand le lièvre à trois pattes mourut de vieillesse, quelques années plus tard, il redevint, au moment de mourir, l'homme qu'il avait été. Des chasseurs découvrirent dans les bois son corps amputé d'une jambe. 



     


     
     

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    MessagePosté le: Dim 26 Jan - 21:43 (2014)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

     Claudine , pour cette histoire , bien fait pour le sorcier!!   
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    MessagePosté le: Mer 29 Jan - 13:52 (2014)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

    LES FIANCES DE LA FAGNE


    Il y a un peu plus de cent trente ans, le 22 janvier 1871, la fagne allait être le lieu d'une tragédie qui deviendrait par la suite le symbole du danger, parfois mortel, de ses vastes étendues mélancoliques et désolées. Ce récit est hélas vrai. Il a seulement fallu imaginer la triste fin de deux jeunes gens, morts sans témoins.... Un malheureux fait divers est ainsi devenu légendaire.
    Marie-Joseph Solheid de Xhoffraix travaillait comme servante à la ferme Niezette de Halloux, à mi-chemin entre Hèvremont et Limbourg. Elle rencontra, semble-t-il, François Reiff à la kermesse de Jalhay en 1870. Originaire de Bastogne, il avait été engagé comme terrassier au chantier de construction du barrage de la Gileppe. Elle avait vingt-quatre ans, lui trente-deux. Bientôt fiancés, ils fixèrent la date des noces pour le printemps suivant. Ils décidèrent dès lors de se rendre à Xhoffraix sans tarder pour y réclamer les documents administratifs nécessaires au mariage, et rencontrer les parents de Marie.
    Cet hiver 1870-1871 fut l'un des plus terribles de la seconde moitié du XIX è siècle, et ce, à plus d'un titre... D'abord, la guerre faisait ravage entre la Prusse et la France, et bien des familles, dans les villages fagnards que la frontière traverse, attendaient ou pleuraient déjà, un fils parti bien loin...
    Ensuite, le froid et la neige paralysaient la plupart des activités. En ce mois de janvier, la neige était abondante et le temps ne s'améliorait vraiment pas. Pourtant, Marie s'entêtait à rentrer chez elle; elle connaissait fort bien le chemin qu'elle empruntait souvent, été comme hiver. Elle et François ne se rallièrent donc pas aux avis des amis qui tentèrent de les
    décourager de se mettre en route par un aussi mauvais temps, et leur conseillaient d'écrire plutôt que de se rendre à Xhoffraix.
    Ce fut sans la moindre appréhension qu'un dimanche matin venant de Jalhay, ils prirent, un peu au-delà de la ferme Sagehomme à Bolimpont, le vieux chemin à droite qui, par les Wayais, mène à la "Croix Panhaus", puis, via la Baraque Michel, se dirige vers Longfaye....
    Ils s'étaient d'abord arrêtés au café Mixhe, rue de la Fagne pour se réchauffer d'une tasse de café. Lambert, le frère de Marie, qui y travaillait, se joignit à son patron pour tenter de les dissuader de partir. Rien n'en fit !
    Une marche d'une douzaine de kilomètres les attendait. Cela peut sembler peu, mais les conditions climatiques étaient épouvantables. Celui qui n'a jamais fait une randonnée hivernale dans la fagne couverte d'une épaisse couche de neige fraîche ne peut imaginer la difficulté d'y progresser à peu près normalement.
    A peine furent-ils à mi-chemin du plateau, que chaque pas représentait déjà un effort répété, usant peu à peu leurs forces. Plus grave encore, la tempête se levait à nouveau, rendant la respiration plus difficile encore, brouillant la vue, cassant les corps en deux...
    Que se passa-t-il ensuite ? Nul ne peut le dire. Personne ne revit jamais Marie et François vivants!
    Même si, par la suite, on retrouva leurs corps bien au sud de leur route normale, croire en leur égarement semble fort douteux. Chacun s'accorde à reconnaître que Marie connaissait effectivement très bien "la Grande Fagne" et sa portion la plus difficile des "Trous Brôli" . Ses multiples points de repère, inutiles aux non-initiés, sont pour les fagnards autant d'indications efficaces en toutes saisons. Alors, c'est probablement l'épuisement qui a tué les jeunes gens pour avoir trop présumé de leurs forces. Quand ils sont morts, ils avaient parcouru plus de 10 kilomètres dans des conditions particulièrement pénibles, alors que se coucher devient une obsession, ouvrir les yeux un supplice et.... s'endormir la dernière étape avant la mort.
    Ce ne fut que deux mois plus tard, qu'un douanier allemand, pouvant à nouveau effectuer ses rondes dans des conditions climatiques plus normales, découvrit au sud de la fagne des "Sarts Lehro", à 2 km de la Baraque, en direction de Hockai, près de la borne frontière 151 qui séparait la Belgique et la Prusse, le corps de Marie recouvert du manteau de son fiancé. Dans son corsage, était glissé un billet avec quelques mots maladroitement écrits au crayon : "Marie vient de mourir, et moi je vais le faire " ! Sa chaîne de cou garnie d'une médaille pieuse pendait, accrochée à un buisson proche, comme pour attirer l'attention.... Quelques jours plus tôt, le lundi 13 mars, le garde forestier Manguette avait découvert le corps de François.... à plus de 2 kilomètres de là "sur les Biolettes", en direction de Solwater. Le pauvre garçon avait très certainement voulu y chercher du secours, laissant Marie trop faible, protégée par son pardessus... Sa direction était bonne, là non plus il ne s'était pas perdu...
    Les deux fiancés devaient rester séparés à tout jamais. Les parents de Marie firent enterrer leur fille à Xhoffraix. Le corps de François fut amené à Sart pour y être inhumé dans l'ancien cimetière qui, jadis, entourait l'église.



    Crying or Very sad
     
     
     

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    MessagePosté le: Mer 29 Jan - 14:36 (2014)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant

    histoire bien triste  Sad    Claudine 
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    MessagePosté le: Mer 5 Fév - 14:04 (2014)    Sujet du message: contes et légendes Répondre en citant


    L'ange d'Yvois


    Jadis, Carignan ne portait pas ce joli nom venu d'Italie, mais celui, non moins beau d'Yvois. La ville appartenait au duc de Luxembourg. Cité frontalière, elle fut souvent attaquée mais, à l'abri de ses murailles, elle supporta sans trop de dommages plusieurs sièges. 
     
    Non loin de la ville, la forêt d'Ardenne, épaisse et touffue, recouvrait une colline où personne n'osait s'aventurer: le Mont-Tilleul, repaire des sorcières, qui y menaient leurs sabbats. 
     
    Personne, évidemment, n'avait osé bâtir sa demeure sur le mont des sorcières, sauf un grand vieillard paisible et discret, dont personne ne connaissait le nom. Il venait souvent à Yvois, où son air digne et sa grande barbe inspiraient le respect. Il était salué avec une déférence particulière par la douzaine de sorcières qui vivaient dans la ville, et ne manquaient aucun sabbat, le samedi soir. 
     
    Personne ne lui posait de question, malgré la curiosité qu'il suscitait. Chose étrange pour un familier des sorcières, jamais on ne lui attribua un méfait ou un mauvais sort. Un beau jour, des ennemis vinrent mettre le siège devant les murailles longtemps invincibles d'Yvois. Les premières semaines, les habitants ne furent pas trop inquiets. Ils avaient de bons archers aux créneaux. 
     
    Du donjon du château, on pouvait observer tout préparatif d'attaque, et organiser à temps la défense. Mais, malgré quelques sorties vigoureuses des défenseurs de la cité, les ennemis étaient parvenus à isoler complètement la ville. Il ne fut pas possible de desserrer leur étau pour ramener des vivres des villages voisins. 
     
    La famine commença à régner, les enfants à manquer de lait. A peine pouvait-on nourrir convenablement les soldats. La peste se répandait. Malgré les prières publiques, Yvois allait, pour la première fois, succomber : soit mourir entre ses murs, soit se rendre à un ennemi cruel. 
     
    Comme ultime recours, le seigneur du château lança un appel, presque sans espoir. Celui qui sauverait la cité recevrait la main de sa fille, qui sortait à peine de l'enfance et charmait chacun par sa douceur et sa fragilité. Elle tremblait. A quel rude guerrier n'allait-elle pas être unie?
    Les destinées sont souvent étranges. Un seul homme se présenta pour sauver Yvois: le vieillard du mont des sorcières. Il était arrivé soudain, on ne sait comment, car, depuis le siège, personne ne l'avait vu en ville.
    — Tu pourras épouser ma fille si tu nous sauves de nos ennemis, lui confirma le seigneur, étonné. Combien veux-tu d'hommes d'armes avec toi? Combien de chevaux?
    Aucun, répondit le vieil homme en souriant. Je ne combats ni avec l'épée, ni avec l'arc.
    Il monta au sommet du donjon. A l'instant, une brume épaisse sortit de la forêt, noyant tout le camp des assiégeants. Elle se glissa jusque dans les rues de la ville. 
     
    La nuit tomba, sans lune ni étoiles. Elle dura longtemps, comme au plus fort de l'hiver. Un silence profond recouvrait toute la région, qui semblait frappée par un profond sommeil. 
     
    Le lendemain, un soleil éclatant se leva sur Yvois et, alentour, sur une campagne vide du moindre soldat. On n'y voyait plus trace de tentes, de barricades ou de chevaux. Les habitants d'Yvois n'en croyaient pas leurs yeux. C'était comme s'ils avaient tous fait un mauvais rêve. Craintifs d'abord, appréhendant quelque ruse de l'ennemi, puis rassurés, ils se répandirent dans les prés et les champs, n'y trouvant plus aucune herbe foulée, ni moisson piétinée, nulle trace de pas d'hommes ou de sabots de chevaux. 
     
    Les experts en sorcellerie se demandèrent si le siège n'avait pas été un maléfice, une illusion qui avait abusé leurs sens.
    Le vieillard du Mont-Tilleul se présenta devant le seigneur qui lui confia sa fille. Anxieuse, pleurant doucement, elle suivit son nouveau maître, qui la regardait avec douceur.
    Qu'advint-il d'elle? Nul ne le sut. Personne ne la revit jamais vivante. Mourut-elle? Fut-elle l'objet d'un sacrifice? Devint-elle jeune sorcière ou fée? Heureuse ou malheureuse? On l'ignore. Mais elle resta bienfaisante, quel que fut son sacrifice. Durant plusieurs siècles, chaque fois qu'Yvois était en danger, on l'apercevait, apparition blanche, dans les rues de la ville au crépuscule. 
     
    Elle ne disait rien, mais, chaque fois, le péril épargnait la ville. On la nommait l'ange d'Yvois. Était-elle un ange? Hélas! les prodiges ont leur temps. Depuis deux siècles, l'ange d'Yvois n'est plus revenu, et la ville subit le sort commun. 



     
     
      
     

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